jeudi 30 décembre 2010

la honte la honte la honte

Rendez-vous chez le médecin. Routine.
Je monte, je sonne, dans la salle d'attente personne, ah non, c'est de l'autre côté...
Aie, j'en ai au moins pour quarantes minutes d'attente. Alors je penche la main, je prends Le Point, et commence cette lecture survolante, ignorante, qui s'accroche aux images et parfois aux "dixit"...
Je feuillète, j'épluchote, et cherche parmi tous les articles, la perle divertissante. Pas grand chose puis je tombe sur ce titre accrocheur s'il en est "Mourir de dire, la honte"...
Je commence la lecture, entretien avec l'auteur, Boris Cyrulnik.
Des anecdotes, quelques explications et puis des phrases à la jetée, qui sonnent si justes. C'est vrai, on a tous connu la honte! Amusant comme parfois, il nous faut des instants aussi insignifiants qu'une attente de rendez-vous pour tomber sur des perles de psychologie, que finalement on aurait pu trouver tous seuls.
Qui n'a jamais dit: la honte!
Mais qu'est-ce que la honte? et pourquoi cette réaction si bizarre de se refermer sur soi? De ne plus pouvoir rien dire? D'avoir cette envie de disparaitre et ne plus pouvoir rompre ces silences avec les gens qui nous entourent, avec ceux dont on se représente le mépris envers soi-même? Comme dit Boris Cyrulnik, la honte correspond à l'apparition de la perception du monde psychologique de l'autre, de sa représentation du monde. La honte correspond en fait à une projection qu'on a de soi-même dans le monde de l'autre, et qui est une projection méprisable.
Pour moi la honte, c'est ce sentiment désagréable d'incompréhension entre deux schémas cognitifs, je crois faire blanc et je ne vois dans les regards des autres que du noir? Pourquoi croyais-je faire blanc? Mes repères moraux, psychiques sont-ils faux? Ma propre perception du monde et de moi-même est-elle erronnée?
La honte correspond à une remise en question de notre propre représentation mentale, d'où ce sentiment de perdition, cette incapacité à renouer un dialogue car on ne sait plus quels sont les repères auxquels s'accrocher, quels codes utiliser pour se faire comprendre par l'autre.
Disparaitre pour ne plus être confronté à cet autre monde, pour ne plus être remis en question dans son individualité.
Mais cette disparition doit se faire par rapport à tous nos contacts sociaux, car du coup, comment savoir à nouveau, à chaque rencontre, quels seront les perceptions de nos actes? A nouveau retrouver le noir?
Je n'ai pas lu le livre de Boris Cyrulnik, encore, mais il évoque dans ses interview les différentes réactions des individus face à ce sentiment de honte. Au delà de cette question de la mise en difficulté des rapports sociaux, il se développe chez l'individu une sorte de carapace à la honte, en même temps que cette attitude de défense permanente, car tout contact est désormais analysé comme une prise de position par rapport à un schéma moral, psychologique.
Seul remède? Provoquer les actions qui n'entrent dans aucun cadre, aucun moule social, provoquer une folie, mais une folie désirée, et en quelque sorte contrôlée. Vous ne me comprenez pas? Normal je me veux incompréhensible, je n'ai que faire de vos codes et vous ne pouvez les retrouvez dans mes actes car je ne réponds à aucune logique, à aucune morale. Un je m'en foutisme volontariste qui peut cependant entrainer un nouveau sentiment de honte car on ne peut indéfiniment s'affranchir de ces miroirs des autres. Hormis la solitude complète, il est impossible de se départir de cet "enfer des autres" comme disait Sartre. Leurs yeux sont nos miroirs...
Alors aimez-nous, aimez-vous, et sachez voir dans l'Autre, d'aussi gentils fous que vous ...

mardi 28 décembre 2010

It ain't got that swing...1974

You know fellas, it's aaalll kinf o' music...an' I'm a music lover!
Duke débute ses quelques notes tandis qu'Ella poursuis sa leçon. Au rythme des percussions elle serrre le microphone, derrière ses verres trop grands, annonce l'enchantement. Encore quelques secondes et déjà le pied en branle...
Tu ne sais tu ne sens rien d'autre que le bout qui tapote, et l'oreille qui s'échauffe. That do-wah thing qui monte par tous les muscles, je n'ai dans mon  Jacob, sérieuse antiquité, qu'une envie, me lever.
Je réponds à l'appel des saxo, j'oublie je fais des sauts, ça y est, mon jean s'en va, la jambe à l'air libre enfin, la frange sur le genou, années folles revenez!
Claquettes et déhanchés, paillettes et cheveux courts, le swing de tout éclat, les contretemps émeuvent.
Eclectique, amatrice, il faut pour me rallier, tout juste me faire danser. J'oscille sur les deux jambes, la course est engagée, c'est à qui fera les plus grandes enjambées!
Partenaire aide-moi, gardons le pied léger, suivons allègrement les sons les tremblements.
It don't mean a thing? rien à faire, ça emporte de tous les bouts, ça pousse vers les sommets. Pas de répits pour les joues des trompettistes et mes pieds décadents souffrent à l'unisson, je meurs dans cette transe, le swing nouveau Jack, après Londres la Nouvelle Orléans.
La voix d'Ella et son sourire, tout instrument dont elle s'inspire, les jours maussades vite s'évaporent, et on en veut ENCORE ENCORE!
Sacre du printemps, nouveau thème enjoué, les bras le long du corps, les épaules ondulées, s'écharpent les genous, tournent et virevoltent les jeunes filles, années 30 et bonnets, pas d'âge pour les king, demeurent les rois du swing...

lundi 27 décembre 2010

dédicace sur la ligne 6

Cher ami ne crains guère
Je t'écris de Glacière
J'avance rapidement
A travers le métro
Pour aller prestement
Vers le phare de l'Albo!
J'ai entendu hier,
Ton appel au secours,
Et je m'en vais en guerre,
Rencontrer tes vautours!
Il faut mon cher ami,
Savoir chercher secours,
Au-delà dans Paris,
Après la Tour Maubourg.
Six enfin nous rassemble,
Sachons tirer profit,
Promenons nous ensemble,
Aux lueurs de la nuit.
Il me faut à peut près,
Une petite demi heure,
Pour rejoindre les sommets,
De l'Albo et ses coeurs.
De là on oublie tout,
On se penche sur Passy,
On rit on joue les fous,
On fait mourir l'ennui.
Pardonne mon cher ami,
L'imparfaite élégie,
Elle vient spontanément
Mais à toi sincèrement!

dimanche 26 décembre 2010

I put a spell on you....

Screamin' Jay Hawkins, j'entend le son de ta voix dans le magnétophone...
J'allume une cigarette, dommage, pas de Chesterfields, la nuit dans le rétro, la banquette arrière et le vent.
ton pas languissant, tes I love you criards, New York et ses trottoirs, white spirit, black & white,
Jim appelle et s'ouvrent mes yeux, les palmiers, les hongrois..encore des I love you
Mémorable mémorandum d'un monde migrant moribond...
L'Amérique des âmes chimériques défile sous les roues et rugissent les voies rauques des autres Nina Simone
Encore une cigarette, Stranger than paradise, et mes voisins s'endorment, rien à faire entre deux plans séquences...la chambre, la plage, solitaires acteurs...du Rohmer sans discours, du Wenders allongé, dit est-ce que c'est comme le café? moins chaud, plus fade?
Moins amer aussi...
Jarmush sympathique, I love you, I love you, I love you anyhow....I put a spell on you...

Black Hawk Down

Nous sommes des enfants gâtés.
En croûte. Des enfants pâtés.
Sans peur et sans reproche, mais aussi sans menace
pacifistes au sang chaud, la guerre nous fait défaut.
Le conflit coule-t-il réellement dans nos veines?
d'où vient que les films de guerres n'ont jamais été aussi appréciés?
Est-ce notre propre catharsis? notre nouveau devoir de mémoire? Les soldats qui se battent, vont se battre au bout du monde et point de corps, point de champ de bataille à la gloire des écorchés.
Notre adrenaline à nous, occident occidé, c'est de trébucher sur la glace impromptue, qui se forme dans nos rues, trois jours tous les cinq ans. Que savons nous de l'effort? Que savons nous du vivre? Tout juste, pour quelque uns, demeure le savoir-vivre.
Que des règles, que des codes, pour pouvoir consommer, en bon chrétien en somme. Avons nous un but? Quelle est la flamme à la fenêtre? Que de jours passés, assis, dans l'espace clos de nos maisons, cherchant en vain des heures, vagues occupations. Livre ou musique, ou bien télévision? Nous sommes seuls et sans raison, faites-nous passer le temps, délivrez-nous de nos missions.
Des combats par millier, nous pouvons engager, trouver au coin des rues, de qui, de quoi se battre, et à perte de vue, des âmes éperdues, des pays déchirés...
Billet idéaliste, que ferais-je à la minute, où l'écris terminé, vient le temps de l'action. Que faire? A quoi dédier ces bouffées de volonté, chaleur fugace, l'envie de s'arracher aux complaintes écarlates des pensées fénéantes.
Regardez quelque film, prenez-le d'outre-atlantique, et par un jour de pluie, plongez vous dans ces images, à la gloire des armées, aux actions héroiques, aux musiques envoûtantes, aux âmes des contrées sauvées par tous ces bleus. Les rangers au formations cadrées, G.I humanisés. Et l'envie vient soudain de sortir de son lit, d'aller monts et vallées, chercher aux chants patriotiques l'élan des héroiques. Tout donner, se peut-il, que la guerre seule donne à l'homme, cette image de lui-même, ce sentiment de force?
D'où vient que la violence nait parfois de cette oisiveté? Peut-on dire sans médire, retournez dans les mines, suez pour vos enfants, et vite vous oublirez les grieffs du voisins? Que penser?
Injustice, égoïsme, paresse et vanité...Quelle est la part de l'homme dans cette bestialité? Casque bleu, casque rouge, quelle couleur pour tuer? Doit-on être pacifiste? Quelle guerre justifier?
Cette question de guerre juste, maintes fois fut posée, et planchent les petits blancs, sur les bancs des bibli? Que savent-ils de la guerre? des enfants torturés, quand torture dans leur bouche ne veut dire que musée?
Il faut croire aux missions, savoir trouver l'objet, sur lequel porterons et nos peines et nos dons.
Chaque jour a sa peine, sachons faire fructifier, tout les mots et les graines que nous pouvons semer...

samedi 25 décembre 2010

Jamais sans liberté,
Qui ne trahit jamais?
Tout écrire, décrier
Les cris des amants laids.

Sur les joues l'encre noire,
Avant la mort la mue
Du corps, et que mécroire
Sauve notre inconnu!

Donnez moi de quoi boire!
Abreuvez l'éperdue
La bravoure a fait choir
Ses espoirs parvenus

vendredi 24 décembre 2010

Merry Christmas....

cadeaux et librairies

La FNAC la FNAC la FNAC...et l'enfer des nuées, et la roue des idées, et l'outrage aux lettrés!
Passez sottement les portes de ce temple après le vingt décembre et plongez soudain dans l'affolement  fiévreux des gens qui n'ont pas d'idée.
Pensez-vous, rien à faire, livre à jamais le cadeau par défaut. Bien sûr des exceptions, quelques chefs d'oeuvre épars qu'on offre avec intention et puis consolez-vous, vous êtes le maigre lot des "intellectuels"...
Aux autres laissons CD, DVD, Blue ray et autres mentions non inutiles mais toutes aussi rayées.
Enfin voilà la tragédie des jeux, de pistes et d'échec, que mènent, joues contre joues, vendeurs et clients. Passez par les étages, glissez par les rayons, passez allègrement des pamphlets aux fictions et sentez au fond de vous l'ultime hésitation.
Pourquoi la grande masse s'évertue dans cette quête de l'oeuvre pour autrui? Rien n'est plus difficile de choisir un cadeau juste, tout juste peut-être aux parents proches, pour peu qu'ils expriment quelques penchants distinctifs.. Et encore, si vous aussi, vous aimez la lecture, voilà le dilemme nouveau qui s'insinue, moi-même voudrais-je ouvrir l'objet? Dans quelques mois, la déscence étant gardée, pourrais-je m'approprier le livre?
Noël n'a pas le monopole de l'égoisme retord, on ne fait finalement jamais de cadeau qu'à soi-même..Guidés par nos désirs, par nos envies, le prisme est biaisé, quelle frénésie.
On hésite, deux livres à la main gauche, Ormesson ou Rocard, on change tout, va pour l'Art!
Chacun pourtant à ses marottes et ses préjugés, d'Atttali à Beigbeder, chacun a ses vade retro satanés, tout cela suivant bien sûr la conception qu'on a de l'utilité d'un livre.
La lecture est pour moi l'objet premier, faisant preuve en cela de peu d'originalité, et j'avoue ma rétiscence à tourner mes regards sur ces grands livres de couleur et de lettres, grandes comme un in folio, qui nous montrent en 200 pages, la collection vintage de mouchoirs brodés d'une illustre illuminée. Il me faut, dans un livre, des mots des mots des mots, et pour rendre la tâche tout juste assez hardue, il faut écrire petit et rond, mettre entre ses lignes pleins d'idées -car parfois certes, elles sont peu évidentes, faute au second degré-.
Mais à bien y penser, quel snobisme, un être un peu rêveur, critique, observateur, trouvera dans l'image, bien plus de bon sens et de sensibilité qu'un rustre liseur pour qui les mots seront au choix compote ou purée.
Le livre ne fait pas l'homme, c'est l'homme qui fait le livre, deux hommes plus précisément, auteur et lecteur, dans un même mouvement, pour un même objectif: la construction de sens...

mercredi 22 décembre 2010

du poème au poète...

Poète arrêtes-toi ! Ta rime est à l’envers
Pâle soleil plombé dont tu peins la couleur,
Trouve les mots brisés jusqu’au fond de l’hiver
Jette-les de ta plume car ils sont ravageurs.

Le cœur est ton commerce, tu me tords à loisir
Tu délaves mes strophes de tes épanchements !
Et je râle sous tes doigts, enfin abréagir,
Consonance affadie de tes moindres tourments.

Rimbaud avait compris, poète qu’un instant,
Tu peux de tes soupirs assommer le lecteur.
Penche-toi sur le monde, décris l’affolement,
Qui meut tous ces esprits appétants, salvateur.

Oubli enfin l’amour dont tu ne connais rien,
Laisses aux jeunes filles l’élégante affliction
Qui hantent, doux babil, leurs écrits quotidiens
C’est sur d’autres métiers qu’il te faut former dons.

Prends enfin chaque jour ou sujet ou objet
Qui passe sous tes yeux dès l’aube matinale
Et fait naitre des mots, d’innombrables sonnets
Pour le plaisir du jeu, et les joies gutturales.

Du latin, des sciences ou bien de poésie,
On ne peut discourir sans pratique assidue,
Et il semble improbable qu’amour seul suffit
A encenser les flots des rimes éperdues.

grand prêtre et gourous...Bernard Maris

Mon père me glisse, il y a cinq jours, un petit livre sur le coin du bureau. Il se penche et me glisse: "très bien, tu devrais lire"...
Lettre ouverte aux gourous de l'économie qui nous prennent pour des imbéciles, Bernard Maris
J'oublie, je poursuis mes activités, mais quand vient le soir et que je dois me replonger dans Steinbeck, l'Est d'Eden me semble bien trop lointain et je décide alors d'ouvrir ce que je devinne être un petit pamphlet assez acide.
Je ne fut pas déçue. Bernard Maris prends très à coeur sa tâche de pourfendeur de l'économie, des Economies.
Je me suis d'abord prise une bonne leçon de n'importe quoi sur le non-bien-fondé de mes études en économie, sur l'assurance que bien évidemment, avec une probabilité bien plus grande que la plupart de mes professeurs, je ne comprenais rien au jargon que l'on m'indiquait. L'offre, la demande, la confiance...
En anglais comme en français, j'avoue avoir eu le coin des lèvres rieur lorsqu'au bout de trois chapitres, enfin, quelqu'un me dit que oui lui aussi a appris que la baisse du taux d'intérêt augmentait l'investissement mais que oui aussi la baisse du taux d'intérêt diminuait l'investissement.
Lumière enfin sur mes difficultés à comprendre IS-LM et le choix de mes graphiques!
Dénigrons les économistes affirme Bernard Maris et franchement, la tâche est aisée dans le contexte actuel et les exemples présentés sont bien connus, surtout des étudiants en économie.
Ils ne connaissent rien mais se targuent d'en faire des théorèmes.
Les hypothèses s'accumulent en préavis de non-résultat, certes les économistes n'ont qu'une obligation de moyens mais tout de même...Keynes seul en réchappe un peu, Walras aussi.
Retour enfin aux grands et pourtant demeure quelques vérités..il m'apparait très clairement, soudain, que oui Bernard Maris a raison! Si l'économie se cantonne à son triangle magique offre, demande, confiance...quel peut être l'unique enjeu qui ressortira de n'importe quelle théorie: plus de consommation.
Fais-je une interprétation décroissante des propos de l'auteur, peut-être et pour tant il m'est clair que dans une équation où l'équilibre est atteint quand l'offre égale la demande et que les postulats sont que le bien être des consommateurs est une toujours plus grande consommation (pour atteindre cette courbe d'utilité qui s'envole) et que les profits des producteurs tendent à augmenter lorsque la production augmente, cette ascension en ping-pong mène inéluctablement à toujours plus de production et toujours plus de consommation.
Finalement, serait-il envisageable d'imaginer une théorie économique où la confiance n'interviendrait plus entre consommateurs et producteurs mais entre consommateurs eux-mêmes et où cette confiance -considérée comme un bien ou juste comme un facteur de satisfaction- permettrait de nouveaux échanges...
Mais entendons-nous, de vrais échanges, de biens existants, détenus par chacun des deux consommateurs impliqués, et non des achats réciproques où l'existence d'une monnaie d'échange demeure.
Certaines initiatives se sont développées, que sont les SELs (Systèmes d'Echanges Locaux), qui rassemblent une communauté de personnes vivant dans un périmètre réduit et s'adonnant à un système d'échange de services et de biens, de temps, dans une renaissance du troc originale.
Je trouve personnellement ces initiatives très intéressantes dans l'idée mais entendons-nous, il m'est encore difficile de concevoir ces bourgeons de confiance comme destinés à réellement produire des fleurs...
Toujours est-il qu'enfin, Bernard Maris réussit le pari de produire de la réflexion chez son lecteur, par un pamphlet très nourri -qui révèle une étude poussée de l'économie sinon un vernis très bien posé- et nous pousse finalement à nous tourner vers l'économie, l'Economie véritable...à nous de jouer!

pour un autre avis -plus expert: http://econo.free.fr/index.php?option=com_content&task=view&id=18&Itemid=2&codenote=66

lundi 20 décembre 2010

Que vienne, matin naissant, l'annonce du printemps
lorsqu'au coin des ruelles, s'écoule la rosée.
La neige des jours durant, qui ourla les chaussées
devra bientôt cesser, ourdissent les bruants.

Sous le pied elle frissone et pique le bout du nez
qu'elle passe dans les contrées, tout blanchit en l'instant.
mais déjà la pluie raille leur jemellité
elle vient par les jardins délaver tout l'or blanc.

Ainsi vierge avisée, avec parcimonie,
livre charme et attraits aux soupirants transis;
Ainsi neige ravit les fantasques enfants.

Et lorsque vient Noël  l'aurore immaculée,
l'offrande aux chérubins de la neige poudrée,
Embrume et grise les faîtes frémissants.

dimanche 19 décembre 2010

Hey it's OK

Encore un dimanche matin, deuxième jour des vacances...
La neige étreint les arbres et caresse les pelisses. Tout est calme et je décide, je ne sais exactement pour quelles raisons, de replonger dans mes vieux albums photos.
Ce genre d'occupations, un peu stériles, qu'on fait lorsque soudain, le temps s'étire face à nous et que pour quelques heures, on peut laisser libre cours aux plus menus plaisirs.
J'ouvre et page à page, je poursuis mes souvenirs. Des fêtes fort arrosées, des balades d'après-midi, les jours loins de Paris, et puis éparses, des vues de Chamonix.
J'ai certes la mémoire pleine de tous ces sommets, dont je ne retiens pas les noms, de ces dizaines de coucher de soleil, ces orages ennivrants, ces veillées étoilées que j'ai passé là-bas..
Je pourrais évoquer des millions d'instants chargés d'émotions, la montagne y est propice, elle nous prend et ne quitte plus ni nos mains ni nos coeurs. Elle accroche à ses aiguilles les lambeaux de ses enfants, et les saoûle de son air pur...
Goûtez l'ivresse de l'altitude et perdez-y le goût des plaines. Plus d'un y sont sensibles et j'ai déjà eu bien sûr ce tremblement qui part des genoux et remonte jusqu'au front, la tête en branle, les yeux au bord du gouffre.
Je n'ai cependant ni l'audace ni le temps, de rendre à la montagne l'émoi qu'elle nous insuffle et je préfère aux escapades d'écorchés, les sorties matinales sur les routes de village.
Mon instant préféré est certes lorsque je prends, par grand matin, et chaussures et écharpe et que je monte jusqu'au cimetière, pour du coin de l'oeil, saluer les ailleux.
La route est courte et peu ardue, il suffit par les virages, de suivre le levant. Petite, telle un robin des bois, je passais, courant et trébuchant, par le chemin de la résistance. Entre ronces et noisettes, je cherchais parmi les feuilles, la neige des monts d'en face. Il n'est rien de plus doux, de sortir des derniers arpents de forêt et d'être soudain soumis aux rayons du soleil. Panorama scintillant des cimes blanchies, encore quelques marches, course parmi les pierres grises.
Il me faut encore passer le portail, entrer dans leurs demeures, passer le troisième pin et longer la rangée. J'arrive, tout est paisible. Tout le long du trajet, je reste dos à la plaine, le regard toujours tourné vers la pierre rose et gravée. Lorsqu'enfin je m'arrête, face à eux, leur repos éternel, je peux enfin me retourner, et saluer le Mont Blanc, dire bonjour au levant. Et alors je m'emplie des embruns d'éternité, je fais corps avec eux, je reste dans le silence. Les vieux en contrebas jettent des fleurs fânées, repoussent quelques graviers et baissent en silence, les yeux sur leur moitié. Il est bon d'être là, parmi les précédents, et se sentir, pour une minute, le suivant des suivants. Brel n'a pas tout dit, on aspire certains jours, à se sentir ainsi entouré.
Tous ces regards qui antan, ont su parler nature, et vivre sous ce plateau neigeux, le désert de Platée...

samedi 18 décembre 2010

Vacances

Les vacances, enfin...
Le premier matin des vacances, surtout...
Ouvrir les yeux et savoir qu'on peut les refermer. Je ne sais si mon corps, comme tant d'autres, a développé cette incroyable faculté de sentir les vacances jusqu'au plus profond de ses muscles mais ce matin, et ce matin seulement, il fut facile de me rendormir. Je ne dis pas bien sûr que mes nuits sans sommeil s'achèvent d'habitude sur des matins dynamiques, mais bien souvent des pensées éparses et culpabilisantes errodent tous mes espoirs de gagner -paisiblement- ces quelques minutes de repos supplémentaire.
Et ce matin, donc, rien. Le calme. Le calme derrière la porte aussi, sans doute.
Il est cinq heure, Paris, s'éveille, et tout me guide vers morphée. Je plonge.
Je suis du soir, il est certain et il me serait bien plus agréable d'avoir mes nuits entre deux heures et dix heures du matin. Quoiqu'à dire vrai, que seraient nos veillées prolongées, sans cette nuit ébène qui nous désunit du monde? Quel serait le plaisir de vivre la nuit si la nuit disparait? Le bonheur des couche-tard réside essentiellement dans ce qu'il leur semble précisément que c'est l'avancée du jour qui leur donne cette avance sur le reste du monde.
Veiller de toute ses forces et se laisser ennivrer par la fatigue qui lutte, qui veut si fort nous faire entendre raison, et s'étourdir de cet état second, où l'on ne sent plus les pieds, plus le dos, moins le coeur...
Eteindre la lumière, et alors quoi? abandonner ce reste de nuit qu'on nous laisse; cette solitude aimée qui s'effiloche..abandonner cette liberté nocturne où seul, devant ses livres, devant l'ouverture perfide au monde que nous est Internet, la musique étourdie qui raisonne aux oreilles, on peut enfin laisser libre cours à ses pensées..faire les rêves les plus fous, se croire invincible et le prétendre, finir in extremis ces tâches qui en plein jour nous semblent si ingrates.
Il est évident, pour les gens de mon espèce que veiller c'est lutter; dormir, abandonner...
Le matin en revanche, histoire sans équivoque, le plaisir est permis. Prolonger cette nuit qui fut, souvent, si courte, n'est que juste rétribution de nos efforts passés. Le jour vient de poindre et il nous est offert, sachons bien l'accueillir, choisissons le bon pied, et pour cela, messire, laissez nous l'oreiller!
Que sont ces petites heures, où le soleil lui-même ne se montre qu'à demi, quand jusqu'après minuit, nous serons des guerriers. Repousser le départ, attendre la chevauchée, car une fois lancés, plus rien ne nous arrête. Point de pause déjeuner, peut-être une cigarette, le jour, tant retardé est si court, la nuit guette..et voilà qu'à nouveau il nous faut repousser le couché.
Les couche-tard, finalement, sont des gens empressés. Désoeuvrés par instants, un peu désordonnés.
Les vacances, pour ceux-là, sont de réels bienfaits. Car enfin le jour redevient agréable, et tous les matins du monde se parent de plus jolis atours. La nuit fut courte encore mais qu'importe, rien ne vaut aujourd'hui ce si joli soleil....

jeudi 16 décembre 2010

Paris, la nuit

Hier marquait mon retour à la ville. Ma première sortie après ces journées d'hibernation, celle où on se fait belle parce qu'à nouveau, on se croit appartenir au monde. Fardée et emmitouflée je suis donc allée me promener dans les rues de Paris, et assister à quelques cours aussi :)
Quatre heures de quotidien et puis le retour. Neuf heures vingt-cinq et déjà sous mes yeux la nuit et ses lumières. Sèvres Babylone sans ses voitures. Paris m'accueille et fait place nette. Je me suis retrouvée seule dans la rue, en cette veille de Noël. Pas un chat à l'horizon, pas un touriste en mode Vuitton. Seul le silence et quelques phares. J'aurais aimé retrouver cette effervescence des grands soirs, quand les couples sortent et les jeunes vagabondent. Je voulais du bruit, du grand spectacle, et même j'aurais dit oui, à quelques japonais...
Il n'en fut rien et les restes de fièvre m'empêchaient d'aller chercher plus loin, cette foule qui désertait. J'avance et je me presse. Le métro déjà m'appelle. Je pense à cette soirée qui déjà est fanée quand, au bas des escaliers, je vois soudain apparaitre une figure étonnante.
Ombre noire toute penchée, sur le plan de Paris, qui cherche son chemin entre Auber et Montsouris. Une toque sombre, toute droite, qui prolonge le manteau. De ces manteaux sans fin, sans longueur, qui semblent partis de rien, des entrailles du sol et s'envolent autour des cous, et nous cachent aux indiscrets. De ces manteaux si souples, qu'on ne sait si l'on marche ou si l'on vole. Je devine, sous les plis, la robe également noire, qui cache les chevilles. Et la barbe. bien sûr.
Je descend sur le quai, la figure m'y retrouve, sage d'Orient, des pourtours du Bosphore, et je crois une seconde, qu'il va bientôt danser. La démarche est agile, malgré l'âge avancé, et au bout du bras, une valise carrée, de cuir brut, piqué et repiqué, dont on imagine, qu'elle fit quatre tours du monde...

vendredi 10 décembre 2010

trouver sa voix

Bientôt les inscriptions pédagogiques...Oyez Oyez brave sciences-pistes, soyez prêts!
Il faut se préparer à cette épreuve, qui à elle seule pourrait sufire à la présentation du Grand O et qui pourtant s'insinue dans notre quotidien, développe chez nous des facultés insondables, sans aucune valorisation aucune.
Que faire? Que choisir? Point d'UFC ici pour nous indiquer les rapports qualités/prix. Il faut, pour réussir, un travail acharné ou bien une forte inspiration...tel est le dilemme de l'écrivain également. Irais-je en cours ces lundis matins prochains, dès 8h ou préférais-je sentir le soleil réchauffer mes matins et profiter de l'ivresse de la nuit?
Il est bien dur de tout concilier mais n'oubliez pas: "Impossible is nothing"...(vu à la télé)
Faire preuve de certitude dans le monde actuel n'est pas très en vogue, et le multi-tasking nous plonge dans un embrouillamini de projets divers et (trop) variés qui nous étourdissent. Je suis la première à être indécise et à chercher mes repères dans des lieux, des paroles, des images toujours plus insolites..
croire au destin? En avoir le courage surtout.
A 10 ans vouloir être président de la république, à 20 devenir fleuriste...la jeunesse trouve son pic de maturité dans les dernières années du primaire et l'âge de raison retrouve peut-être de sa force conceptuelle pour notre génération qui s'est fatiguée de ses rêves et qui n'en finit plus de rétrograder son avenir.
La faute à qui? Les politiques, le réchauffement climatique, la pression scolaire, la compétition internationale, tout ou presque peut y passer...
Et même, comme cela fut évoqué  au cours d'une réunion entre étudiants, la faute au baby boom et aux trentes glorieuses!
On pourrait commencer par parler des retraites, de l'absence de perspectives d'avenir, du brouillard très très fonçé qui nous fait face en terme de perspectives professionnelles et de fiscalisation...Génération perdue, sacrifiée..bref chacun choisit son mot..
Et puis on pourrait prendre l'idée à rebours et se dire que finalement, jamais une génération n'a vécue dans une telle opulence, dans un tel bien être consommateur et avec des parents si bien lotis. Nous sommes les enfants de la génération dorée, celle qui n'a pas connue la guerre, celle du progrès technique, de l'augmentation du niveau de vie...
Nos parents ont appris -pour la plupart- à profiter de la vie, et à y avoir droit. Ce droit, contrairement à bien d'autres choses, s'est très vite intégré à nos jeunes ADN et il sussure à tous nos neurones que oui, oui, les RTT et les congés payés, c'est un droit inaliénable..
Moi la première, j'en rêve de ces congés et je me dis que parfois, entre assoc, projets co, stages et bachotage, j'ai déjà fait pas mal...et si à 20 ans, on avait déjà son quotat de cotisations sociales? Le rêve.
On veut tout, on y travaille...il reste à tenir la distance et à savoir en accepter les contraintes.

ps: ma petite justification personnelle pour un tel papier? la conférence de mathématiques financières du lundi matin, 8h...:)

jeudi 9 décembre 2010

crire, écrire, sourire

Le soleil s'enivre ce matin de ses propres reflets. Il luit sur Paris et tel un jeune Narcisse, mire son image dans les perles de neiges qui refluent des trottoirs.
Il est 9h, Paris s'émerveille et je me faufile parmi les rames de métro, double mouvement vers mon premier rendez-vous de la journée. Je suis en retard mais le soleil ne m'en tient pas rigueur. Il me sourit et m'attends à la sortie Rue du Bac.
Mon rendez-vous est là, je lui prends le bras et nous nous dirigeons vers le Musée des Lettres et des Manuscrits pour voir l'expo Romain Gary.
Point de détails sur l'expo, il est très facile au lecteur d'aller y faire un tour ou de plonger dans ses romans. Petit mémo tout de même, sur une video d'archive d'un interview de Roman Kacew, regard vibrant et mots sucrés...l'homme s'y épanche et avoue tout, l'homme, l'écrivain et le mépris de l'un pour l'autre. Je ne sais pas encore ce qui provoque chez l'écrivain ce mépris du charnel et cette admiration de l'être fictif créé par l'écriture.
Sans doute parce que l'écriture est un souhait de dépassement de soi, de non contentement. l'écrivain, éternel insatisfait de ses propres imperfections, amoureux désoeuvré qui invente sur papier l'être qu'il ne peut être. Il est bien plus simple de se battre sur sa machine et l'on peut ainsi faire cohabiter son désir d'action, voir d'avenir, et cette paresse mélancolique des rêveurs invétérés.
Je me plonge dans les paroles de Romain, puis ses écrits, et je me laisse bercer par sa plume et le fil des lettres de manuscrits que je n'arrive pas à déchiffrer. La puissance de l'écriture n'est-elle pas finalement dans cette hâte de l'écrivain, dans cette course contre sa main, contre un destin? Ecrire pendant des heures des pensées qui pour certains, nous hantent au cour des nuits et nous informent, en quelques secondes, d'un monde fantasmatique qu'il nous faut laborieusement remettre sur le plancher, pour le faire partager.
Que seraient nos bibliothèques si les écrivains pouvaient nous transmettre leurs pensées sans cette corvée de l'écriture? Quels exploits, quels génies aurions nous pu entrevoir et comprendre? Quelles horreurs également, nous furent ainsi épargnées...

mercredi 8 décembre 2010

la neige la neige la neige

Il neige sur Paris depuis plusieurs heures.
J'aurais voulu courir, rire, goûter la neige et sourire aux gens. Je ne sais pas pourquoi la neige appaise et met de bonne humeur.
Un ami m'a dit que c'est surtout les filles...la faute aux oestrogènes.
Bref ça tourbillone, ça coule le long des cheveux, sur les cils et dans le cou et encore une fois, il y a ceux qui aiment et ceux qui bougonnent.
Forcément, tout le monde se rue vers les bouches de métro ou dans les magasins..et puis il y en a certains qui aimeraient flâner plus longtemps et prendre en photo chaque branche bicolore, chaque tuile blanchie, chaque fenêtre embuée. Je suis de ceux là. Malheureusement, la vie n'est pas pour les poétiques, elle leur rajoute des sacs, des manteaux, des horaires et des destinations.
Les parisiens, tous coincés qu'ils sont dans ces ci-nommées contraintes, s'étonnent, se bousculent, vascillent sous le poids de ces flocons turbulents et rebelles.
Que pasa? disent les touristes qui hésitent encore à s'émerveiller ou maudire sans vergogne la météo qui leur rends la ville lumière si branlante.
L'adversité colle des sourires aux jeunes désarçonnés, flanque la trouille aux grannies emmitouflées et rapproche les couples ennamourés. Ah la neige: nouvelle technologie de communication? A quand le retour à msn...on se colle, on s'agrippe, le souffle chaud dans une nuque, un gant perdu, un pied glissant, un rien suffit à tous ces être un peu perdus pour rattraper au vol un bout de sourire empathique et renouer avec tous ses voisins...
Et puis j'arrive rue Saint Guillaume et j'aime les étudiants en pull, la barbe naissante humide, le cheveux drôlement vieillisant et les mocassins déclassés par la boue...rien ne les perturbe et le macBook est vaguement caché sous la Bompart. Ils vont, ils viennent et n'oublient pas, entre le 27 et le 29, de griller leur ultime cigarette, parce qu'après, promi, ils s'enferment jusqu'à 21h avec leur droit des contrats...
moi aussi d'ailleurs :)

lundi 6 décembre 2010

Noël et les déconfitures

Noël est une période festive. Pour certains.
Le monde s'enroule dans une vaporeuse écharpe de gaze rose poudrée et vend, à qui veut bien, son rêve de douceur, de chaleur, de partage et de consommation. La tyrannie du bonheur s'insinue dans les maisons, rassemble pour un temps les foyers et illumine les villes.
Tout le monde il est beau, tout le monde il est gentil, comme pourrait l'évoquer les balbutiements enfantins. Et les cyniques malchanceux du Noël solitaire.
Cette profusion de papier mâché, de paillettes et de marrons glacés, provoque chez certains cet écoeurement un peu vert de ceux qui n'ont pas part à la fête.
Parce qu'on la dit, Noël seul, c'est triste. Et pour ceux qui se laissent emporter dans les tourbillons des fêtes, la tristesse n'est momentanément pas de bon ton. La solitude de ces êtres sans attache, de ces orphelins du 24, de ces sans religion-sans famille et sans tradition est connue comme le loup blanc.
On en parle, on en rit, et on s'en prévaut chez "ces gens là" pour qui Noël est aussi le moment de faire tout ce qu'on ne peut pas faire le reste de l'année, surtout faire pour les autres tout ce qu'on fait pour soi d'habitude.
Enfin Noël c'est le consumérisme qui pour un temps, et histoire de compenser ses excès, en laisse quelques miettes à ses exclus de tout genre. Noël est sectaire, d'un communautarisme qui n'aime pas ceux qui n'y ont pas trouvé ni leur place ni leur compte. Surtout si on se refuse à Noël en solitaire. L'homme se veut moitié, et si possible, la moitié d'un cercle qui n'en a pas les dimensions.

Noël seul? Was ist das? Tous mélangés, les célibataires, les démunis, les apatrides, les exilés..il y a toujours un moment où le diktat du groupe s'impose.
Célibataires de janvier, à vous les résolutions. Février vient vous en ravir quelques espoirs aux alentours du 14 mais vous reprenez vos droits jusqu'à la fête de la musique. On vous encense, on vous admire, quelle force, cette indépendance défendue..Et puis soudain, tout retombe
Pourquoi Noël seul n'est pas Noël? Parce que Noël est une fin? une fin d'année? l'époque d'un bilan? Peut-être...
Il est toujours plus difficile de faire un bilan seul, parce qu'alors personne n'est présent pour partager nos erreurs, nos victoires. L'homme en son sein tout responsable qu'il se sait, aime à se savoir aussi médiocre que le voisins. Et les bonnes actions font toujours plus de bien lorsqu'elles sont connues. Et puis, et puis, comment faire pour se racheter? comment soulager ses remords lorsque l'on a personne à sauver? Noël c'est faire aux autres tous les cadeaux qu'on a pas eu, tous les cadeaux qu'on a pas fait oubliés, négligés, repoussés...On nous donne un tout petit coup de pousse pour remettre les pendules à zéro...alors pourquoi certains s'y refusent? Impensable pour nombreux, Noël seul c'est soit égoïste, soit malheureux et en tout cas c'est pas joli joli et surtout ça nous gâche le samedi matin...

samedi 4 décembre 2010

Nouvelle lecture: Clair de femme de Romain Gary

J'ai tout d'abord pensé que c'était mal écrit. Et puis j'ai eu l'audace de penser que ce que j'écrivais ressemblait au trait de plume de Romain Gary. Ensuite est venu la première boule au ventre, et l'émotion. Michel Folain c'est moi. Moi, jeune et déjà endeuillée de ces nombreuses histoires. Comment comprendre le deuil d'une histoire de dizaines d'années? Impossible. La perte d'un enfant? Impossible. Romain Gary nous plonge dans les quelques secondes de désespoir de ces êtres perdus, qui èrent au monde et donne à l'étranger tout ce que le désespoir a d'empathie et de compassion. Aimer pour ne plus se voir, ne plus se penser.  Michel le dit "J'avais trop aimé pour être encore capable de vivre de moi-même"

Certaines personnes sont des êtres aimants. Je suis peut-être de ceux là et c'est pourquoi je me retrouve tant dans ces histoires d'abandon, la destruction de l'amour ronge les corps qu'elle ne consume pas. J'ai découvert l'amour dans les livres et le romantisme m'a pris mon innocence à moins de dix ans. Mais le romantisme sombre, des amants torturés, des poètes déchirés, des jeunes filles perturbées. Romain Gary nous plonge dans ce monde déconstruit des gens sans futurs. Il nous perds parmi les décloisonnements des rapports sociaux et l'absurdité des "comme il faut". Comment trouver le juste milieu entre l'imaginaire amoureux et la perte des rapports sociaux. Comment trouver l'idée d'une parole, bouche ouverte, lorsque l'on reste quoi derrière nos murs de verres, les à pomme croquée ou les autres...
Ouvrez vos livres, prenez ces mots, comprenez les et aller voir l'ami derrière la fenêtre, dites lui que les "nous" sont possibles...

jeudi 2 décembre 2010

dernier livre... Ravage de René Barjavel

Petit livre de Sciences fiction, Ravages nous introduit dans le Paris de 2050 pour suivre les pas de François Deschamps, étudiant idéaliste venu du sud de la France. Prophétie cataclysmique de la fin d'une époque, Barjavel nous présente des soupçons de guerre du feu, une pincée de MacCarthy (The Road, ouvrage assez génial dont je parlerais à l'occasion) et des relants de Germinal qui n'en finissent pas de se mélanger.
Si l'ensemble est assez plaisant à lire, les mordus de sciences fiction n'y trouveront pas leur compte d'inventions imaginatives et les pragmatiques y verront un discours critique de notre société de consommation-conservation sous jacent. Une illustration cependant assez plausible de ce qui pourrait nous arriver si la féé électricité nous était kidnappée...