dimanche 24 avril 2011

entrainement

C'est par un dimanche après-midi,
Je suis partie chercher l'inconnu,
Lors j'entendais chanter l'oiseau gris,
Et de Paris j'étais l'éperdue.

J'ai pris encore le chemin,
Des journées languissantes,
Du Paris de tout, de rien
Et des ballades impatientes.

Des détours de coin de rue,
Je poussais jusqu'aux Archives,
sous l'éclaircie déjà crue
des matins qui dérivent.

Il fait bon traverser, enjamber tous les ponts
Passer d'une rive à l'autre,
Car j'ai mes sommets d'apôtre,
Car j'ai Saint Etienne du Mont.

Que je désire être surprise,
Que je cherche Lutèce,
Je poursuis l'entreprise
En grimpant vers Abbesses.

J'empreinte tous les passages,
De Varenne et de Bonsergent
Et je redeviens sage
Lorsque le soir descend.

lundi 18 avril 2011

je ne sais point

je suis là ce matin pour laisser libre cours
à tes colères d'enfant qui tourmentent tes jours.
Il te faut un voisin sur qui passer ton fiel
et j'ai le bonheur sûr, et j'ai le bleu du ciel.

De tout ce que tu siffles, des mots qui me parviennent
je perçois les échos des douleurs qui sont tiennes.
Apprenons tous les deux à échanger nos maux,
Aujourd'hui c'est à moi de te flatter l'égo.

Car enfin reconnait, tu n'es pas mal en point,
Et tu cries, vocifères, enrages pour un rien.
Profites de ce que j'ai le sourire assuré
S'il sera présent demain, je ne sais point.


samedi 16 avril 2011

N'ayons pas peur d'être fragiles: Sur nos voisins, tanguons tranquille!

La Défense, encore. J'ai passé la journée parmi les tours et l'heure du retour a sonné.
Je m'assoie sur la banquette de la ligne 1 et un jeune homme vient s'asseoir à ma gauche.
J'ouvre Alternatives économiques et lui une biographie de Staline, je crois.
Mes yeux défilent sur les questions de bouclier fiscal et de détournement des rentes pétrolières au Congo-Brazzaville.
Je jette de temps en temps un coup d'oeil sur les lignes de mon voisin: "Le tsar prend le métro" annonce le chapitre...(oui, j'ai également appris il y a longtemps que Staline n'était pas Tsar mais les images des écrivains ne se discutent pas... jamais :)
Et puis le livre de mon voisin se ferme; sans doute l'inexactitude des références historiques l'aura irrité. Je poursuis ma lecture, jusqu'à ce que je surprenne ce petit sursaut bien connu de la tête du dormeur qui se penche un peu trop. J'ai perdu mon voisin, Morphée vient de l'emporter très loin.
Je n'envisage pas d'y prêter plus d'attention que cela mais le sursaut recommence, et l'épaule s'affaisse. Je vois en coin le corps qui tangue et j'imagine déjà, l'homme piquer du nez son mon magazine. Je m'apprête à sourire mais les images des longs trajets en voiture me reviennent. L'attente inconfortable des enfants qui se laissent conduire jusqu'au lieu des vacances et mon frère qui, d'une manière très similaire, marque la cadence d'avant en arrière. Les nerfs qui tirent et les crampes se rappellent à moi, tout autant qu'une voix familière: "Bloque la tête de ton frère! Il va se faire mal".
Ce souvenir, outre le fait qu'il me rappelle combien mes dernières vacances sont lointaines, m'amène à envisager la situation de mon voisin sous un autre angle.
Je pourrais m'amuser de son petit ballet, si seulement cela ne supposait pas de tourner ostensiblement la tête pour le dévisager, et me soumettre également à l'attention moqueuse de la brochette d'en face. J'adopte alors une position plus raisonnable et je décide de soutenir discrètement l'épaule endormie du bout du coude, et de poursuivre ma lecture.
Les stations défilent et je sens à chaque arrêt, à chaque tournant, les pressions du buste qui chavire. Chaque petit coup que je décoche m'extirpe un sourire et je ne peux m'empêcher de tourner le regard pour voir les yeux fermés cligner inconsciemment. Lorsque l'arrêt se fait brutal, j'aperçois deux pupilles fixer l'horizon un instant et je sursaut moi-même de me trouver démasquée. Et je souris surtout de ce petit jeu de cache-cache que je joue avec moi-même. Car je suis seule à me rendre compte du manège et je n'en suis que plus amusée.
Je crois une seconde que mon inconnu a oublié sa station et que ma distraction va durer mais non, il se réveille, ferme son livre, se lève et s'en va.
Un autre voisin vient le remplacer et l'image s'évapore mais le sourire reste. Je m'amuse sans me lasser de tous ces petits rien qui nous mettent de bonne humeur.

lundi 11 avril 2011

Conférence sur la Taxe Carbone, l'Environnement et la Compétitivité des Entreprises Européennes


Ce jeudi 14 avril, à 17h, un groupe d'étudiants de Sciences Po Paris, dont je fais partie, organise une conférence sur la Taxe Carbone. Cette conférence est ouverte au public hors Sciences Po et pour vous inscrire, il vous suffit d'écrire à l'adresse suivante: taxe.carbone.sciencespo@gmail.com, en indiquant votre nom, prénom, et si vous venez de Sciences Po, d'une autre école ou d'une entreprises/administration.

Dans un contexte de débats sur la fiscalité carbone, plusieurs questions se posent quant aux possibilités de mettre en place des systèmes réglementaires contraignants en vue d’atteindre les objectifs de réductions d’émissions carbone. A cet égard, l’idée de développer des outils fiscaux afin de lutter contre le changement climatique a émergé tant aux niveaux nationaux qu’européens. Qu’en est-il aujourd’hui, du cheminement politique, économique mais également social et environnemental qui a conduit à cette proposition ? La taxe carbone peut-elle réellement être envisagée comme un levier d’action en vue des réductions d’émissions définies lors du Grenelle de l’environnement et des objectifs de Copenhague ? De manière plus fondamentale, une éco-taxe est-elle le bon outil pour asseoir économiquement les défis environnementaux comme le changement climatique ? Quel cadre, national ou européen, semble le plus approprié à la mise en place d’une telle taxe et selon quelles modalités ? Quels seraient les impacts environnementaux mais également économiques d’une taxe carbone sur les entreprises européennes et leurs compétitivité?

Nous tenterons de répondre à ces questions lors d'un débat animé, qui sera suivi d'une session de questions-réponses.

mardi 5 avril 2011

un seul être vous manque....

"un seul être vous manque et tout est dépeuplé"...
et si cet être c'était soi? Si parfois, nous oublions qui nous étions et que l'on se perdait dans de sinueuses divagations de nous-même? Il m'arrive de me regarder dans le miroir et d'y voir tant de personnes différentes. L'être n'est pas un, c'est certain. Mais il y a forcément un "soi" qui nous va mieux, la tête des matins heureux. Celle où l'on se sent prêt à sortir dans la rue, prêt à dire bonjour à tous les inconnu(e)s croisé(e)s.
Mais bien souvent, la tête qu'on voit le matin, c'est celle des petites pertes de soi-même, des bouts qu'on a laissés sur un banc, dans un verre vide, au fond d'un amphithéâtre...
Il existe de ces petits moments où l'on sait que des petits bouts de nous-même sont perdus. Et il n'est pas toujours possible de les retrouver. Il nous faut du temps, du silence, et un peu d'aide extérieure pour revenir à ce "soi" paisible.
Une personne très avisée me dit souvent que l'étude assidue et silencieuse est l'une des meilleures manières de revenir vers ce "soi" gratifiant, qui nous donne la force lors des matins pluvieux. J'en ai longtemps douté, par manque de maturité sans doute, et pourtant, est-ce vrai? Sans doute.
Le retour vers "soi" n'est pas toujours synonyme de nombrilisme. L'exploration du moi passe bien souvent par l'ouverture vers les autres. Une recherche trop approfondie de notre "moi" ne mène qu'à plus de confusions. Car nous sommes des êtres d'expressions.
Certains diront grégaire. Et pourtant je crois véritablement à l'effet d'entrainement que des gens peuvent avoir les uns sur les autres. Cette émulation intellectuelle qui nous permet d'aller jusqu'au bout de nous-même dans la recherche de la connaissance. Le chemin se trace de lui-même et nous amène jusqu'au point de rendez-vous que nos "soi" se donnent.
L'introspection ne se concentre que sur le moi actuel, celui des matins perdus où les souvenirs qu'on a dispersés à tous les coins de la ville et qui finissent par nous manquer, nous font douter de nous-même. L'extra-spection, comme j'aime à la nommer, nous amène vers un "soi" plus joli, vers un soi qui se reconstruit en permanence et compense ces petites pertes que la vie de tous les jours -et l'imperfection humaine- provoque.
Soyons boulimiques, plongeons jusqu'à l'extérieur de nous-même pour y trouver ce que nous cessons, par inadvertance, de laisser tomber de nos poches. L'éducation c'est répéter 1000 fois la même chose, et le faire 1000 fois de plus. La construction de soi, c'est répéter 1000 fois ce processus éducatif...la route est longue!