mercredi 22 décembre 2010

du poème au poète...

Poète arrêtes-toi ! Ta rime est à l’envers
Pâle soleil plombé dont tu peins la couleur,
Trouve les mots brisés jusqu’au fond de l’hiver
Jette-les de ta plume car ils sont ravageurs.

Le cœur est ton commerce, tu me tords à loisir
Tu délaves mes strophes de tes épanchements !
Et je râle sous tes doigts, enfin abréagir,
Consonance affadie de tes moindres tourments.

Rimbaud avait compris, poète qu’un instant,
Tu peux de tes soupirs assommer le lecteur.
Penche-toi sur le monde, décris l’affolement,
Qui meut tous ces esprits appétants, salvateur.

Oubli enfin l’amour dont tu ne connais rien,
Laisses aux jeunes filles l’élégante affliction
Qui hantent, doux babil, leurs écrits quotidiens
C’est sur d’autres métiers qu’il te faut former dons.

Prends enfin chaque jour ou sujet ou objet
Qui passe sous tes yeux dès l’aube matinale
Et fait naitre des mots, d’innombrables sonnets
Pour le plaisir du jeu, et les joies gutturales.

Du latin, des sciences ou bien de poésie,
On ne peut discourir sans pratique assidue,
Et il semble improbable qu’amour seul suffit
A encenser les flots des rimes éperdues.

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