mercredi 30 mars 2011

where to find sarcacism....

"The authors add, however, that because of the large revenue generated from oil and gas exports, Norway is particularly well-placed to invest in developing new solutions to achieve the desired low-carbon future. These solutions include new measures to promote greater energy efficiency and use of renewable energy"
source: IEA press release du 11 mars 2011...

Cette drôle de petite note nous vante -ce n'est point nouveau- les mérites de notre chère Norvège, dont les performances en matière d'énergies propres et de réduction d'émissions, ne sont plus à révéler. Après avoir rappelé les bon points engrangés par le pays depuis plusieurs années, l'IEA semble trouver opportun d'évoquer une petite inquiétude: la Norvège va-t-elle réussir à atteindre ses objectifs de réduction d'émission de 30% par rapport à 1990, sachant que la majorité de ses énergies sont d'ores et déjà très faiblement carbonées...?

Certes mes cours de macroéconomie ont des vertus multiples et il fait désormais partie de mes savoirs que la capacité à améliorer la productivité d'un individu d'un certain pourcentage x tend vers zéro à mesure que cette productivité augmente et se rapproche d'un maxima; à moins d'introduire un progrès technique.

Appliquée aux performances énergétiques des pays, on peut voir facilement qu'il est de plus en plus difficile de réduire ses émissions carbones et d'augmenter sa part d'énergies décarbonées d'un certain pourcentage lorsque ces deux paramètres sont déjà très élevés. A moins à nouveau, d'introduire un progrès technique, ce qui semble actuellement peu probable dans le court terme, compte tenu des difficultés que rencontrent les développements des biocarburants, toutes génération confondues, et des autres sources d'énergies renouvelables.

Et pourtant, voilà que nous sommes rassurés par ce tout petit paragraphe. Ces quelques lignes qui pourraient paraître empreintes d'optimisme et suscitent cependant chez moi une petite mais troublante déconvenue.
Voilà enfin la potion magique de la Norvège: ses exportations de pétrole et de gaz!
Comment financer le développement des énergies renouvelables: vendez votre pétrole! Trop facile.

Pourtant, loin de moi l'idée de trouver cela saugrenu ou immoral -allons jusque là. Il est évident que l'un des meilleurs moyens de trouver des fonds pour réduire nos émissions est d'aller piocher dans les revenus des industries fossiles. Et surtout, rien n'est moins évident pour les autres pays producteurs d'énergies fossiles que d'investir leurs revenus dans la lutte contre le changement climatique. Le mérite n'en est donc pas moins grand pour la Norvège. Pourtant, comment ne pas sourire de ce petit jeu de vases communicants dont la Norvège profite.

Qu'advient-il alors des pays qui ne disposent d'aucune ressource fossile? Seront-ils condamnés à polluer plus et donc à payer plus? Voit-on apparaître ici une nouvelle fracture, qui réaffirmerait l'avantage du premier mauvais élève? Celui qui a pu profiter d'un petit délai, récolter les fruits et ensuite payer pour ses externalités -externalités qui ont eu malheureusement des conséquences sur les autres élèves.

Ce n'est pas ici un jugement de valeur. Simplement un constat. Qui pose quelques questions. Et si la Norvège avait à faire profiter ses voisins de ses larges revenus et de ses technologies propres? Et si pour lutter efficacement contre le changement climatique, il s'agissait non seulement que les mieux lotis profitent de leur atouts d'une manière constructive, mais tentent -soyons mesurés- également d'en répartir les fruits? Serait-ce cela une vraie globalisation, en vue d'une plus grande justice globale -et d'une lutte plus efficace contre le changement climatique ?

jeudi 24 mars 2011

trottoir de toi

Que sont à nos chemins les trottoirs trop étroits,
Qui contraignent le pied et bouleverse les choix?
J'aime à avancer le genoux de plein droit,
Sur les pavés perdus de la rue des mêmes pas.

Je ne craint pas l'assaut, encore moins le trépas,
Si d'aventure du promontoire je choie.
Et pourtant l'inconfort de devoir marcher droit
Est certain si arrive un quelconque aléa.

Que je croise un passant, qu'une goutte du toit
Tombe inopinément sur le bout de mes doigts
Je dois faire à mes pieds d'un brusque écart l'octroi
Car je suis, de l'allée, prisonnière parfois.

Je plie, rompt l'enjambée, achoppe à chaque fois;
Mais j'aime étonnamment la rectiligne voie
Aussi certaine qu'est ce sémillant émoi,
Si je la sais pouvant amener jusqu'à toi.

mercredi 23 mars 2011

qu'il est beau de se croire aimé

Qu'il suffise d'un rien, d'un battement de cils,
A l'aube des saisons qui marquent le temps court,
de nos amours sereins, de ton être gracile,
de ta main sur mon corps qui marque les contours.

Passagère inconnue, tu sembles délaissée,
car les mots que laissent échapper tes chevilles
Disent tout de tes larmes, de ta rose fanée.
Et moi j'oublie l'émoi de ces coeurs qui vacillent.

De tes yeux à mes yeux, point d'ombre nébuleuse
Je m'en vais et je sais mes chevilles heureuses
Lorsque de ton désir, j'ai l'aveu triomphant.

Je ne crois plus à rien, des affections houleuses
Et je chéris enfin jusqu'à la vue du sang
Que tu verses pour moi, amour éblouissant!

mardi 22 mars 2011

Optimiser sous contraintes

La vie est remplie de petites contraintes qui viennent s'insinuer dans les lignes de nos emplois du temps qu'on a si bien coloriés et accrochés sur nos bureaux. Bien souvent, nos sourcils se froncent à la vue de ces petites cases qui bouleversent tout et nous contrarient.
Parfois pourtant, il arrive que ces petites contraintes se voient libre d'occuper un champ vide et blanc, laissant libre cours à leur polygonalité, et modèlent pour nous de jolis dessins.

Je vous propose de devenir pour un temps mes petites cases à moi. Créez dans mon écriture ces contraintes, ces lignes directrices qui feront trembler ma main vers d'autres directions.
Un mot, un sonnet... A vous de choisir les thèmes sur lesquels vous voulez que j'écrive. Je m'engage à tenter d'écrire un poème pour chaque mot laissé en commentaire.

samedi 19 mars 2011

à vous...

Depuis huit jours que ma plume sèche à loisir,
J'ai vu des coups pleuvoir et vous faire souffrir.
De lecture en récit, j'ai cru y entrevoir
Les larmes, le désir d'enfin nous émouvoir.

Troubles au centuple sur les pages froissées,
Rappel bien matinal des bombes dispersées,
Du Levant à l'Orient, le ciel s'est assombrit
Que de peuples accablés, de nuages en sursis.

Ici jeunesse crie et grandit dans la fronde,
L'enfantine douleur de ces êtres après l'onde.
De la couleur des yeux qui regardent, qu'importe
La larme doit couler quand le diable s'emporte.

Mais tout ça n'est pour nous qu'une toile de fond
Controverses énergiques, policée déraison...
On hésite, on ne sait où montrer l'empathie
Que valent bon sentiments, si l'enfer envahi?

vendredi 11 mars 2011

Hungarian Romania

http://www.youtube.com/watch?v=pqw7NQk0cdY&feature=related (pour comprendre la lecture de ce qui suit, il me semble important d'en écouter le sujet...la performance étant sans nul doute majorée par l'âge du pianiste)

Ce soir concert à l'ambassade de Roumanie.
Je prends place dans le salon doré. Zut j'ai mis un jean. Moi qui suis toujours la première à sortir mes robes et mes talons, me voilà en ersatzt de tenue de ville.
Je prends discrètement place sur un siège au fond de la salle, mais heureusement il n'y a personne devant moi et je verrais tout.
Le concert est organisé en partenariat avec le Musée des Lettres et des Manuscrits où travaille une connaissance et le concert est l'oeuvre d'Illinca Gheorghiu, soeur d'Angela.
J'ouvre enfin le programme, alors qu'une figure, multicolore des talons aux paupières, vient se placer devant moi. Son chignon blond arriverait presque à me cacher un bout du piano.
Ce sera Liszt donc. Et de jeunes talents, à peine plus vieux que nos chers prep-ENA, en lieu et place de Cosima (mezzo-soprano),  Daniel (baryton) et Blandine (piano).
Et une heure trente de Liszt c'est déjà une heure trente de gagnée dans la recherche du bonheur.
S'enchainent sur les notes lieds de Heine et vers de Lamartine, à l'occasion même nous lit-on deux trois mots de Sand.
L'entrée de la matière puissante arrive avec La Campanella et déjà j'oublie quelle stupide raison a pu me faire hésiter. La rhapsodie hongroise achève de m'arracher au salon.
J'ai toujours aimé les musiques rythmées, les mélodies d'Europe de l'Est, chants tsiganes ou mazurka.
Je ne saurais évoquer les sentiments que j'éprouve quand les premières notes de la rhapsodie se déposent à mon oreille en les comparant au plaisir. Certes non, je n'éprouve pas de plaisir à leur écoute.
Le plaisir est bref et s'il s'ennivre de lui-même ce n'est que pour mourir plus rapidement.
Et moi, où que je sois, dès que raisonnent ces notes, je me retrouve plongée dans une sorte de léthargie, au point que parfois je dois cesser toute activité. Ces notes m'arrachent petit à petit à mon environnement, et pour les suivre, il faut que je m'isole. Que je les laisse me prendre. Elles vont chercher très loin en moi et bougent toutes mes entrailles. Je les sens plonger dans ma poitrine et venir serrer mon coeur, comprimer chaque veine, suspendre l'écoulement du sang. Chaque note vient frapper et se répand le long de mes bras.
Je suis alors déchirée entre la mélodie qui s'enfuie et qui me donne envie de courir, de faire exploser mon corps pour mieux sentir l'exaltation, et ces notes qu'elle laisse derrière elle, pour me retenir.
Je suppose qu'il arrive à bien d'autre cette expérience de vie et seule la danse me permet d'atteindre cette sorte de transe, objet de nombreuses conjectures, dont le Sacre du Printemps fait l'élégie et je m'interroge sur l'importance de cette relation entre nos sens et nos pensée.
Tel un dervich tourneur j'ai envie, j'ai l'impression que mon corps se meut par saccade, alors que les vagues hongroises font des allers retours. Puis les triolets s'accélèrent et je sens, j'aimerai sentir mes bras tourner et virevolter. Réussir à suivre l'embalement mais je suis prisonière de mon émotion et dans la frustration de mon incapacité à me fondre avec le rythme, je retombe dans l'immobilité et tente de chercher au fond de moi les déchainements que je n'ai pas réussi à imprimer à mon corps.
Robert Nozick affirmait que l'homme ne saurait se satisfaire d'une machine qui lui donnerait l'illusion de faire les choses car il demeurerait en lui ce désir innasouvi d'effectivement faire ces choses. Comme dans beaucoup de cas, le ressenti de l'action n'est pas tant convoité que l'idée même d'accomplissement de cette action. Se pourrait-il que les sentiments qui naissent de l'écoute de cette musique qui m'enchante naissent de cette incapacité que j'ai de vivre matériellement cette musique? Jalousie du musicien, frustration de danseuse, sommes-nous capable d'imprimer à notre corps les mouvements de ces notes? Puiser toujours plus profond, chercher la note au profond des cellules et plonger à coeur ouvert vers cette non-matérialité qui s'échappe.
Le silence dit-on disparait dès qu'on le nomme. La musique comme l'idée s'enfuie quand on veut la toucher. Mon corps, cette contraine incapable me limite et pourtant j'entrevois enfin une délivrance. Je ferme les yeux et m'accroche aux premières notes, et là enfin, je sais, que je ma pensée court plus vite que la musique; les notes s'enchainent et se délient sous mes yeux bien avant qu'elles ne frappent mes oreilles. Et ce bonheur est mien de recréation.
Ah! Mélomanes paisibles que les amants patients.

lundi 7 mars 2011

tailler sa réussite....sans tailleur

Ce matin entretien...
Hier préparation, investigation, conversation, introspection...
Pourquoi le soleil? Pourquoi l'oseille? Pourquoi le conseil?
Les mains pas sous la table, pas croisées, pas serrées, pas grattées; le regard pas de biais, pas en coin, pas fuyant; les mots pas vulgaires, pas clichés, pas machés; le dos pas vouté, pas tordu, pas penché.
Et surtout, du naturel, si possible revu et corrigé.
Il en pleut des idées pour passer les palliers et surtout jusqu'aux pieds, gardez le look copié-collé.
Il est, rumeur oblige, IMPENSABLE de se présenter chez E&Y, PwC et autres gourmandises, sans la tenue du consultant.
Aux garçons les anglaises (-chaussures pas coiffure-), les pinces (-de pantalon pas chignon-) et la cravatte.
Aux filles...et quoi aux filles?
Le tailleur est-il encore l'équation sinéquanone d'une embauche réussie? Les féministes mordues se sont-elles imposée cette rigueur vestimentaire? Voyez-vous, au bout de l'open-space, la collègue le cou serré et les lacets noués? Point du tout, mon cher Monsieur, la jupe est demeurée.
Plus encore, on en fait les échos, Madame peut réussir, en talons et chapeau. Il semble bien qu'ici, la femme ait su tout prendre, le beurre, l'argent du beurre, et le Kelly croco.
J'ai lu, il y a longtemps, un article sur l'idée, que la femme en Chanel, peut monter les échelles. Passons sur le grand luxe, l'achat se fait ensuite, restons sur le tailleur et ses ennemies jurées.
J'en suis, et n'en déplaise, je reste convaincue, qu'on peut -et en tout lieu- se passer de la règle.
Comment comprendre pourtant, que la femme ait si bien réussi ce pari, d'infiltrer le milieu en en changeant les codes? Doit-on considérer le pouvoir en nos mains, ou comprendre à l'inverse, que ce n'est dans les faits, qu'un machisme déguisé?
La femme a-t-elle su garder sa féminité comme une affirmation en sus de son intelligence, ou ce laxisme vestimentaire est-il la matérialisation d'une condition établie par les hommes, et selon laquelle, la femme, pour s'intégrer, doit montrer le mollet?
Je ne sais que penser, il nous faut mieux chercher, je laisse aux sociologues -si ce n'est déjà fait- l'art de réflexionner sur salaires et couture;
Je me fais -sans aller jusqu'à la robe de bure- l'avocate invétérée du tailleur décoiffé!

http://www.lexpress.fr/actualite/politique/femmes-mode-et-pouvoir_477551.html