samedi 29 janvier 2011

Sortez vos mouchoirs!

Le froid picote, l'hiver se prolonge sur les matins parisiens. Apparaissent seulement dans les rues, les nez rosés des passants pressés. On avance, jambes bottées, mains gantées, et bien sûr la goûte au nez!
Année la plus chaude de la décennie, 2010 a gardé pour elle quelques degrés bien au chaud et laisse, dans notre microcosme, les souvenirs de janvier neigeux. Points de flocons à l'horizon cependant.
C'est Kleenex qui se réjouit, et Mixa également. C'est dit, nous consommons 20 millions de carrés blancs Kimberly-Clark chaque année, et encore, c'est une estimation, car finalement peut d'entre nous sont réellement attentifs à la marque de ces si précieux paquets qui remplissent nos poches. Ou si? Planetoscope.com nous offre même un compteur en temps réel des ventes du groupe et oui, il est bon de se savoir entouré de ces rocs, de ces pics, de ces caps et péninsules qui trempent jusque dans nos tasses et infligent à chacun, outre tirades et quolibets, le geste récurrent du mouchage tonitruant.
Le rhume n'attend pas les courses du vendredi et il faut parfois faire preuve d'imagination.
Point de monnaie dans les poches, le sac vide et les lèvres gercées, je suis à la rue ce qu'est à la salle de bain le robinet. Il me faut urgemment ce carré de tissu et je décide de passer l'huis du café du coin de la rue. Bonjour me lance-t-on, vous désirez? Point de thé ou de chocolat chaud, il me faut à l'instant, un foulard sur ma boite à ciseaux! Requête originale s'il en est, j'avance et je souris, de demander ainsi, ou torchon ou serviette. Ambiance américaine, la boite en fer, d'où l'on tire ces essuie-tout, me fait de l'oeil sur le comptoir. Je tend le bras, saisis quelques feuillets et ressors discrètement sous le regard amusé des clients.
Enfin, voilà Triton, de quoi te soulager. J'aspire à pleins poumons, l'air frais et dégagé. Si mon croc je l'espère n'est point sujet d'un trait d'Aristophane, il me donne aujourd'hui certes un peu mal au crâne.
Cyrano tu nous tiens et ta verve aiguisée rappelle, frimas naissants , la superbe du nez!

jeudi 27 janvier 2011

Words don't kill, guns do...

Words don't kill, guns do, ais-je lu récemment dans The Times à propos d'un de ces -malheureusement récurrents- évènements outre-atlantique.
Et je ne peux m'empêcher de réagir. Comment peux-t-on écrire que les mots ne tuent pas? Ces cinglantes boutades qui nous marquent de jour en jour, ces remarques aiguisées, ces syllabes défigurantes.
L'Histoire en est pleine, notre quotidien aussi. Actes ou paroles, devons-nous choisir? La parole n'est-elle pas un acte finalement? Ils ne sont que trop à être morts pour leurs discours. Sommes-nous réellement convaincus que la violence une fois déprivée de ses blessures physiques ne demeure point?
Peut-il y avoir acte sans parole et parole sans acte? Certes, il serait de mauvaise foi de l'affirmer et nombreux sont ceux qui se sont interrogés sur la valeur intrinsèque de chacune de ces capabilités qui nous caractérisent. Je dis capabilités car beaucoup, aujourd'hui, ont perdus -ou n'ont jamais acquis- cette capacité à s'exprimer et à agir. De l'humain, il ne nous reste que cette potentialité, que beaucoup d'entre nous -je me sens concernée- n'auront jamais l'audace de réaliser.
L'état de notre société, sans aucun doute, biaise la réflexion, car la parole, entendue comme parole idéologique, parole politique, prise de parole en tant qu'appropriation individuelle, est devenue désormais rare au point d'avoir une valeur similaire aux actes.
La parole n'est-elle pas la première étape, le préliminaire conscient de l'acte envisagé? Prendre un "gun" et tirer. Ouvrir la bouche et dire "à mort". Une balle dans le pied pour l'un, la perte du droit de vivre dans l'autre. Que choisissez-vous?
La justice s'est en vain essayé à résoudre ce dilemme, desquels étaient les plus punissables, des mots ou des armes. Réflexion personnelle, sentiment partagé, chacun à de ces deux maux des idées différentes, ressentis historiques. De là, vient toujours, le semblant d'échappatoire, la distinction par l'interaction. L'acte qui mène à la parole est toujours plus punissable (on entend évidemment la parole mauvaise). Mais s'insinue alors de nouvelles questions, qu'est-ce qu'une parole mauvaise? Si l'acte qui en découle n'est pas le fait du même individu, comment établir cette interaction causale? La pensée est sournoise de nous piéger ainsi, une tête qui pense, une qui agit, et ce chemin entre les consciences, si difficile à suivre. Punir la pensée de l'un pour l'acte de l'autre?
Le sujet est si vaste, j'en perds les fils et le trajet. Je laisse à chacun y pencher ses pensées. N'agissez qu'en conscience, sachez le poids des mots, comprenez dans violence tous ces multiples maux.

mardi 25 janvier 2011

balade en métro

Lundi, 9h15
Je cours je cours, Raspail, à moi les marches! J'ai vu sous les arcades arriver le métro, une minute au bas mot et pourtant un espoir, quatre à quatre, si je lance bien devant le bout de mes converses, peut-être arriverais-je à m'y faufiler. La sonnerie, portes fermées, trop tard, le train démarre. Mais non, quoi? Il s'arrête, est-ce moi qui est l'objet du stop? Oui, oui, métro je t'aime, Sésame ouvre toi! Et non rien, quoi, que veut dire ce mutisme étonnant? Je brode, je brode, la tête à gauche et là, l'antre est ouverte, celle inconnue, celle réservée, la cabine du chauffeur. J'avance, je rentre la tête, il fait sombre, j'interroge. Oui, on me réponds, je peux m'y engouffrer. Je me place, dans le coin, je souris, sourire mutin. Ah je suis dans la place, la pénombre agréable et les gens derrière, agglutinés. C'est trop long parait-il de faire rouvrir les portes et je profite ainsi de ce petit privilège. Ais-je déjà entendu, il me semble, cette rumeur anonyme, que parfois l'occasion se présente, et que tous ces chauffeurs ouvrent leur donjon.
Le métro démarre, et je vois défiler les lumières sur le murs, les stations arriver. Je crois, voici Vavin, mon instant terminé, et l'offre qui s'énonce, à moi cette cabine et jusqu'à Saint Germain!
Décor un peu vieillot, boutons déjà lustrés, cliquetis de compteur, patine des instruments, j'entends chaque seconde l'histoire se répéter. Et clic et clic font les aiguilles, jusqu'à cinquante à l'heure, on file et les stations s'exhibent de loin en loin. Je ne parle qu'à peine, et j'ai l'air vraiment bête, un garçon de quatre ans serait moins ébahi. Je suis là, encore Paris qui me donne à sourire, bonheur petit matin. Des bribes de Germinal me reviennent à l'oreille. Les mines, les souterrains et les codes de confrérie. L'exclusion recrée-t-elle la civilité? Réduire les contacts et leur redonner vigueur, entrain et politesse. A chaque métro croisé, salutation silencieuse, d'ombre à pénombre, on se donne le bonjour, on voit, on imagine, le collègue amical. Est-il donc plus facile, de train à train, de savoir dire bonjour, que de bureau à bureau? Ces mondes en décalé, où l'on connait encore, le prix des petits gestes.
Je suis ravie ravie de voir derrière les vitres toute cette humanité. Métro encore une fois tu m'as enchanté. Me faire porte parole de la vie métronome, Lorànt Deutsch dit nous comment, et sachons faire de la rue, au soleil ou à l'ombre, le sein de nos émois...

lundi 24 janvier 2011

blanche noire écorchée

A. est deux mètres en dessous de moi. Acroupie, elle ne bouge pas, l'hésitante raideur de son corps seule la retient. O. vient de mettre les skis en lieu sûr et nous sommes là, tous les trois, espacés de quelques bribes silencieuses. Au dessus, les sommets et nos traces sur la piste, en lacets. Les vingt premiers mètres furent difficiles et j'hésite à reprendre la descente. Idée malheureuse, nous avons déchaussés et nous voilà agrippées toutes les deux au petit parapet. O. est encore droit et solide sur ses pieds.
Il me faut rejoindre A. et l'aider à se mettre en branle. Je me tourne vers la montagne, soleil dans le dos, quatre heures trentes et encore le vide à traverser. Il nous faut prestement rejoindre de plus bas pâturages. Un coup sec, le pied agrippe la neige glacée. Arceboutée, pied à pied, j'évolue sur la piste. Un regard vers A., un rayon de lumière dans les yeux, la piste sous moi et un nouveau coup dans la glace.
Cette fois-ci le pied rippe. De mes gants, la neige se décolle et je perds mes accroches. Une seconde, un peu moins, et mon corps se dérobe. Je glisse, l'appesanteur, et A. qui se rapproche, un peu trop vite. Un instant, rien du tout, je crains de la heurter, de plonger avec elle, de l'emmener avec moi. Je ne sais comment, pourtant, je passe sans l'emporter et mon corps plonge après le parapet. La piste s'éclipse sous moi, je glisse et tout est blanc. J'ai cru entendre un temps A. qui hurle mon nom et puis je ne sais plus. Sans savoir ni quand ni comment, je me suis retournée.
La chute sur le mur blanc, le froid dans tout le dos. Il me faut raccrocher, retrouver mes repères. La lumière ne passe plus, la neige m'étourdit, je ne sens plus mon corps, que l'absence de son poids. Lustrée, la neige est dure et je glisse et ça dure, sur la lisse paroi. Enfin lever la jambe, planter loin le talon, trouver matière plus meuble pour caler mes petons. Essai bien malheureux, et pourtant retenter, enfin quelques secondes et l'effort a payé. Vite me relever, plus de peur et rien de cassé.
Je crie, je suis vivante. Je ne suis pas entendue. Qu'importe, je me retourne, et je recommence à grimper. J'y retourne, les rejoindre, on est seuls, tous pour un! Un instant, essouflée, je lève plus longuement mon regard, j'apprécie; une centaine de mètres au moins me sépare du décrochement derrière lequel j'imagine A. et O. demeurés. Je reprends mes esprits, quelle glissade et sans bosse! Par ma foi, très rarement, j'aurais cru sur des noires, descendre si facilement. Alors que je vois poindre l'ombre des deux bonnets, que je sais mes amis en approche et sauvés, mes genoux douloureux flanchent et vont baiser la neige. Et je ris et je ris de me savoir en vie...

mardi 11 janvier 2011

Balbutiothérapie...

Cinq heure sur la montre
comment faire?
Commentaire et ratio,
connaissance erratique...
Silence!
Le lancinant refrain
de mes balbutiements
tourne l'heure qui s'écoule.
En peine de provisions,
à peine en révision,
j'erre en vain dans les flux.
Je ne meus rien du tout,
neurones à l'agonie,
neuronale enthropie,
distractions en trop plein,
il est bien plus facile
de nourir l'estomac!
Cerveau ne rugit pas
à cette anorexie
de mots.
Non je ne rougit pas
de ma flemarexie...

dimanche 9 janvier 2011

Plumorexie

Le feu au bout des doigts
Je craque d'amertume.
C'est l'hiver et le froid,
Glace jusqu'à la brume
qui m'entoure et me noie.

Ton silence est pour moi,
Le marteau sur l'enclume.
Tu serres la courroie
Qui m'étreint, et ma plume,
N'écris plus nos émois.

Je vacille chaque fois
Que mon coeur se consume,
Sans savoir où échoient,
de mes joies les écumes;
Quel piteux désarroi.

vendredi 7 janvier 2011

Politique antipathique et procrastination...

L'enfer des examens!
S'asseoir sur le banc,
Cerveau vide ventre plein,
Et voir passer le temps.

Cerveau vide, ventre plein,
Un plaisir à la fois,
Pas besoin de dessin,
Faire morpion et points de croix...

Pas besoin de dessin,
Mordiller son crayon,
Vouloir croire à l'instinct
Et corner son carton.

Vouloir croire à l'instinct,
Voilà, l'heure est passée,
Introduction en vain
Je m'éforce d'entamer.

Introduction en vain,
parchemin de brouillon,
c'est trop tôt ce matin,
pour ce plan trublion.

C'est trop tôt ce matin,
Pour poser des questions,
Sur les plans keynésiens
Ou mondialisation!

Sur les plans keynésiens
Dissertons tout ce temps.
Si la chance le veut bien,
Le prof sera clément...

mardi 4 janvier 2011

LU...

"Fin novembre, les marchés ont fait brièvement monter le coût des emprunts belges. En décembre, l'agence de notation Standard and Poor's a averti qu'elle pourrait dégrader la note du pays si un gouvernement n'était pas formé bientôt", Le Figaro, lundi 3 janvier 2011

....Quels sont ces nouveaux super héros de marchés financiers? Comment ont-ils réussi ce tour de force, cette théâtrale prise de contrôle sur notre conjoncture économique et politique?
Est-il possible que les agences de notation deviennent les Banques centrales politiques des européens, qu'elles nous annoncent et nous imposent des notes directrices, qui influeraient sur les évolutions politiques?
Peut-on réellement croire que ces menaces de dégradation des notes aient un réel impact?
Il semblerait que oui, au vu des sorts réservés à la Grèce et à l'Irlande, même si, avouons-on le, ce n'étaient que les gouttes d'eaux qui ont fait déborder les vases budgétaires...
Peut-on, doit-on envisager des actions similaires sur l'Espagne, la Belgique...Les agences de notations peuvent-elles impunément -et ce malgré les multiples critiques dont elles ont été l'objet- nous transmettre leurs plans d'"action" et jouer avec nos anticipations rationnelles et les volontés de nos politiques?

Expliquez moi ce mystérieux pouvoir qu'on les marchés financiers, qui fait si peur à tout le monde que, après des mois et des mois de négociations et d'échecs, les protagonistes de la crise belge semblent s'être soumis à cet ultimatum dégradant..Qui va finalement prendre en compte cette note? Qui va sérieusement croire que la situation belge n'était pas réellement délicate avant cette hypothétique notation? Cette transparence du jeu des agences de notations a-t-elle réellement pour but d'être efficace et comment comprendre ces jeux de signaux?

Après que nous nous soyons laissés bernés par les systèmes de notations des actifs titrisés et leurs "AAA" prometteurs (qui, soit dit en passant, signifiaient simplement que la créance considérée est la mieux notée au sein du portefeuille de créance dont elle fait partie, la qualité globale des créances du portefeuille par rapport à l'ensemble du marché n'étant en rien pris en compte dans la notation), est-il possible que nous accordions un quelconque crédit à ces notations -négatives- des pays? Qui en aurait l'utilité? Quelles en seraient les conséquences véritables?

Dévoilez-nous le dessous des cartes!!!!

reading a lot uh??

Juste un petit test...les résultats ne sont pas très concluant...mon programme de lecture de l'année est très chargé...

Have you read more than 6 of these books? The BBC believes most people will have read only 6 of the 100 books listed here. Instructions: Copy this into your NOTES. Bold those books you've read in their entirety, italicize the ones you started but didn't finish or read an excerpt.

1 Pride and Prejudice - Jane Austen 
2 The Lord of the Rings - JRR Tolkien 
3 Jane Eyre - Charlotte Bronte
4 Harry Potter series - JK Rowling
5 To Kill a Mockingbird - Harper Lee
6 The Bible  
7 Wuthering Heights - Emily Bronte
8 Nineteen Eighty Four - George Orwell
9 His Dark Materials - Philip Pullman
10 Great Expectations - Charles Dickens
11 Little Women - Louisa M Alcott
12 Tess of the D’Urbervilles - Thomas Hardy
13 Catch 22 - Joseph Heller
14 Complete Works of Shakespeare
15 Rebecca - Daphne Du Maurier
16 The Hobbit - JRR Tolkien
17 Birdsong - Sebastian Faulk
18 Catcher in the Rye - JD Salinger
19 The Time Traveler’s Wife - Audrey Niffenegger
20 Middlemarch - George Eliot
21 Gone With The Wind - Margaret Mitchell
22 The Great Gatsby - F Scott Fitzgerald
24 War and Peace - Leo Tolstoy
25 The Hitchhiker’s Guide to the Galaxy - Douglas Adams 
27 Crime and Punishment - Fyodor Dostoyevsky
28 Grapes of Wrath - John Steinbeck
29 Alice in Wonderland - Lewis Carroll
30 The Wind in the Willows - Kenneth Grahame
31 Anna Karenina - Leo Tolstoy
32 David Copperfield - Charles Dickens
33 Chronicles of Narnia - CS Lewis 
34 Emma -Jane Austen
35 Persuasion - Jane Austen
36 The Lion, The Witch and the Wardrobe - CS Lewis
37 The Kite Runner - Khaled Hosseini
38 Captain Corelli’s Mandolin - Louis De Bernieres
39 Memoirs of a Geisha - Arthur Golden
40 Winnie the Pooh - A.A. Milne
41 Animal Farm - George Orwell 
42 The Da Vinci Code - Dan Brown
43 One Hundred Years of Solitude - Gabriel Garcia Marquez 
44 A Prayer for Owen Meaney - John Irving
45 The Woman in White - Wilkie Collins
46 Anne of Green Gables - LM Montgomery
47 Far From The Madding Crowd - Thomas Hardy
48 The Handmaid’s Tale - Margaret Atwood
49 Lord of the Flies - William Golding
50 Atonement - Ian McEwan
51 Life of Pi - Yann Martel
52 Dune - Frank Herbert
53 Cold Comfort Farm - Stella Gibbons
54 Sense and Sensibility - Jane Austen
55 A Suitable Boy - Vikram Seth
56 The Shadow of the Wind - Carlos Ruiz Zafon 
57 A Tale Of Two Cities - Charles Dickens  
58 Brave New World - Aldous Huxley
59 The Curious Incident of the Dog in the Night-time - Mark Haddon
60 Love In The Time Of Cholera - Gabriel Garcia Marquez
61 Of Mice and Men - John Steinbeck 
62 Lolita - Vladimir Nabokov
63 The Secret History - Donna Tartt 
64 The Lovely Bones - Alice Sebold
65 Count of Monte Cristo - Alexandre Dumas 
66 On The Road - Jack Kerouac
67 Jude the Obscure - Thomas Hardy
68 Bridget Jones’s Diary - Helen Fielding
69 Midnight’s Children - Salman Rushdie
70 Moby Dick - Herman Melville
71 Oliver Twist - Charles Dickens
72 Dracula - Bram Stoker
73 The Secret Garden - Frances Hodgson Burnett
74 Notes From A Small Island - Bill Bryson
75 Ulysses - James Joyce 
76 The Inferno - Dante  
77 Swallows and Amazons - Arthur Ransome 
78 Germinal - Emile Zola
79 Vanity Fair - William Makepeace Thackeray 
80 Possession - AS Byatt
81 A Christmas Carol - Charles Dickens
82 Cloud Atlas - David Mitchell 
83 The Color Purple - Alice Walker
84 The Remains of the Day - Kazuo Ishiguro
85 Madame Bovary - Gustave Flaubert
86 A Fine Balance - Rohinton Mistry 
87 Charlotte’s Web - E.B. White 
88 The Five People You Meet In Heaven - Mitch Albom
89 Adventures of Sherlock Holmes - Sir Arthur Conan Doyle
90 The Faraway Tree Collection - Enid Blyton
91 Heart of Darkness - Joseph Conrad 
92 The Little Prince - Antoine De Saint-Exupery  
93 The Wasp Factory - Iain Banks
94 Watership Down - Richard Adams
95 A Confederacy of Dunces - John Kennedy Toole
96 A Town Like Alice - Nevil Shute 
97 The Three Musketeers - Alexandre Dumas
98 Hamlet - William Shakespeare 
99 Charlie and the Chocolate Factory - Roald Dahl 
100 Les Miserables - Victor Hugo

dimanche 2 janvier 2011

rencontre dans le métro

1er janvier, 4h du matin,
l'amie m'a suivi, deux en marche, féminin du nocturne, le long du boulevard du Temple.
Ces trains des petits voyages, ces métros des quotidiens, petits farceurs, trafic incomplet, à nous de trouver notre moyen de locomotion pour avancer dans la nuit, en ce début d'année. Il est tard, et si tôt, encore des bulles pleins les yeux -et le ventre-, nous venons de quitter la chaleur du studio, laissant derrière nous quelques robes à pailletes et cravates noires, et bougies.
Deux à deux, à peine titubantes, grelottantes et malgré tout souriantes, nos commençons pas à pas, la première marche de l'année, retour vers le repos mérité.
Bastille nous arrivons, après quelques éclats de rire, une perruque bicolore, quelques voeux d'inconnus et des regards dans toutes les rues!
Ambiance étonnante, parisiens échauffés, et Paris si calme, derrière ces couples, des fenêtres fermées, points de lumière, ces murs si silencieux et chacun pressé par ses résolutions, et le froid tatillon...
Paris première, pas de cinéma version, juste une rame vers Nation, et enfin le lit qui arrive, c'est la vingtaine qui s'échappe...
Et puis vite, très vite, l'espoir d'attraper la ligne six, quatre à quatre, les marches, le quai, un instant étourdies et chacune son wagon. Rendez-vous Daumesnil, à chacune ses rencontres, les derniers échanges. Inconnus du réveillon, on vous aime!
De mon côté, coincée contre la porte, emmitouflée, je n'ai que les yeux pour sourire. J'attrape la barre, le front contre la vitre, tournons la tête, cherchons l'approbation de ces gens qui aussi, attendent l'aurore nouvelle. Et puis deux pupilles, en hauteur, un regard rieur. Croisés deux fois parmi écharpes et autre fripes, je m'agrippe. Les mains se touchent, après accord des regards, inconnus ignorés, manège dissimulé que personne n'imagine. Je suis seule, et je regarde par la fenêtre, j'ai le sourire coincé, sympathie empathique vers la brune figure.Comprenez l'amusement, la douceur de ces premières rencontres, c'est l'aurore de l'année et le printemps des amoureux qui s'ignorent.
Instant furtif, quelques stations, rien attendre, rien connaitre, juste savoir qu'on est deux, tous ces voeux dits en silence, l'oreille tendue vers les sons de voix, et toujours la main dans la main. Si simple, dites-nous, ces rendez-vous impromptus qui laisse quelques minutes, des souvenirs par millions, rien à dire, c'est si court et pourtant c'est si bon, du sourire gratuit, cette complicité non quémandée.
Ne demandez plus rien, prenez et donnez, sachez sourire, à l'enfant du siège en face, à l'homme qui tournait le dos, aux voisines de station quand les métros se croisent. N'hésitons plus, renouons l'échange et voyez dans l'être en face, l'ami des matinales, entre café et bureau, entre diner et soirée, prenons les sourires au vol, échangeons nous autre chose que nos visages crispés!