lundi 20 juin 2011

Du haut de la grand tour, je vois le tout Paris,
Il fait vent fort ce soir, et j'ai la main de glace,
J'imagine d'ici, que le monde s'oublie,
Et j'ai froid dans le coeur, et j'ai le vent de face.

Donnez passants aigris, du temps au vieux Paris,
Il chante bon matin, l'humanité moderne,
Laissez-le vous séduire et griser votre nuit,
Vous verrez, votre jour, n'en sera que moins terne.

Passez, passants pressés, sous ma fenêtre grise,
Laissez monter chez moi, des bribes de vos vies,
Amitiés inconnues dont je me suis éprise,
Que de l'adversité jamais je ne m'ennuie.

J'aime donc au matin donner à la rue calme,
Ma première humée, la naissante conscience,
Et de tous les auteurs je vous donne la palme,
De l'intrigue fleurie, de la chère impatience!

Je vois chacun de vous, courir à l'heure des laudes,
Vers un semblant d'amour et fuir le quotidien.
Il faut pour s'échapper, non des contrées plus chaudes,
Mais de l'autre vie vraie, redécouvrir le vin.

Allez de vos maisons trouver la première pierre,
Apprenez son histoire et sachez d'où elle vient,
De là on s'enracine et trouve lumière,
On fait de l'alentour, un monde qui est sien.

J'aime à croire aux mirages, alors que tout s'embrume
Lorsque j'entend les sons des clochers de Vavin,
D'Hyères, de Nogent et même de Pamplune
J'ai le frisson léger de vos rêves lointains.

Hors vous fantômes las, de mes pieux matins,
J'ai des hordes d'images, impassibles badauds,
Qui bordent les allées et qui font les malins,
fifres étourdissants d'un Paris de bistrots.

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