jeudi 27 janvier 2011

Words don't kill, guns do...

Words don't kill, guns do, ais-je lu récemment dans The Times à propos d'un de ces -malheureusement récurrents- évènements outre-atlantique.
Et je ne peux m'empêcher de réagir. Comment peux-t-on écrire que les mots ne tuent pas? Ces cinglantes boutades qui nous marquent de jour en jour, ces remarques aiguisées, ces syllabes défigurantes.
L'Histoire en est pleine, notre quotidien aussi. Actes ou paroles, devons-nous choisir? La parole n'est-elle pas un acte finalement? Ils ne sont que trop à être morts pour leurs discours. Sommes-nous réellement convaincus que la violence une fois déprivée de ses blessures physiques ne demeure point?
Peut-il y avoir acte sans parole et parole sans acte? Certes, il serait de mauvaise foi de l'affirmer et nombreux sont ceux qui se sont interrogés sur la valeur intrinsèque de chacune de ces capabilités qui nous caractérisent. Je dis capabilités car beaucoup, aujourd'hui, ont perdus -ou n'ont jamais acquis- cette capacité à s'exprimer et à agir. De l'humain, il ne nous reste que cette potentialité, que beaucoup d'entre nous -je me sens concernée- n'auront jamais l'audace de réaliser.
L'état de notre société, sans aucun doute, biaise la réflexion, car la parole, entendue comme parole idéologique, parole politique, prise de parole en tant qu'appropriation individuelle, est devenue désormais rare au point d'avoir une valeur similaire aux actes.
La parole n'est-elle pas la première étape, le préliminaire conscient de l'acte envisagé? Prendre un "gun" et tirer. Ouvrir la bouche et dire "à mort". Une balle dans le pied pour l'un, la perte du droit de vivre dans l'autre. Que choisissez-vous?
La justice s'est en vain essayé à résoudre ce dilemme, desquels étaient les plus punissables, des mots ou des armes. Réflexion personnelle, sentiment partagé, chacun à de ces deux maux des idées différentes, ressentis historiques. De là, vient toujours, le semblant d'échappatoire, la distinction par l'interaction. L'acte qui mène à la parole est toujours plus punissable (on entend évidemment la parole mauvaise). Mais s'insinue alors de nouvelles questions, qu'est-ce qu'une parole mauvaise? Si l'acte qui en découle n'est pas le fait du même individu, comment établir cette interaction causale? La pensée est sournoise de nous piéger ainsi, une tête qui pense, une qui agit, et ce chemin entre les consciences, si difficile à suivre. Punir la pensée de l'un pour l'acte de l'autre?
Le sujet est si vaste, j'en perds les fils et le trajet. Je laisse à chacun y pencher ses pensées. N'agissez qu'en conscience, sachez le poids des mots, comprenez dans violence tous ces multiples maux.

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