dimanche 2 janvier 2011

rencontre dans le métro

1er janvier, 4h du matin,
l'amie m'a suivi, deux en marche, féminin du nocturne, le long du boulevard du Temple.
Ces trains des petits voyages, ces métros des quotidiens, petits farceurs, trafic incomplet, à nous de trouver notre moyen de locomotion pour avancer dans la nuit, en ce début d'année. Il est tard, et si tôt, encore des bulles pleins les yeux -et le ventre-, nous venons de quitter la chaleur du studio, laissant derrière nous quelques robes à pailletes et cravates noires, et bougies.
Deux à deux, à peine titubantes, grelottantes et malgré tout souriantes, nos commençons pas à pas, la première marche de l'année, retour vers le repos mérité.
Bastille nous arrivons, après quelques éclats de rire, une perruque bicolore, quelques voeux d'inconnus et des regards dans toutes les rues!
Ambiance étonnante, parisiens échauffés, et Paris si calme, derrière ces couples, des fenêtres fermées, points de lumière, ces murs si silencieux et chacun pressé par ses résolutions, et le froid tatillon...
Paris première, pas de cinéma version, juste une rame vers Nation, et enfin le lit qui arrive, c'est la vingtaine qui s'échappe...
Et puis vite, très vite, l'espoir d'attraper la ligne six, quatre à quatre, les marches, le quai, un instant étourdies et chacune son wagon. Rendez-vous Daumesnil, à chacune ses rencontres, les derniers échanges. Inconnus du réveillon, on vous aime!
De mon côté, coincée contre la porte, emmitouflée, je n'ai que les yeux pour sourire. J'attrape la barre, le front contre la vitre, tournons la tête, cherchons l'approbation de ces gens qui aussi, attendent l'aurore nouvelle. Et puis deux pupilles, en hauteur, un regard rieur. Croisés deux fois parmi écharpes et autre fripes, je m'agrippe. Les mains se touchent, après accord des regards, inconnus ignorés, manège dissimulé que personne n'imagine. Je suis seule, et je regarde par la fenêtre, j'ai le sourire coincé, sympathie empathique vers la brune figure.Comprenez l'amusement, la douceur de ces premières rencontres, c'est l'aurore de l'année et le printemps des amoureux qui s'ignorent.
Instant furtif, quelques stations, rien attendre, rien connaitre, juste savoir qu'on est deux, tous ces voeux dits en silence, l'oreille tendue vers les sons de voix, et toujours la main dans la main. Si simple, dites-nous, ces rendez-vous impromptus qui laisse quelques minutes, des souvenirs par millions, rien à dire, c'est si court et pourtant c'est si bon, du sourire gratuit, cette complicité non quémandée.
Ne demandez plus rien, prenez et donnez, sachez sourire, à l'enfant du siège en face, à l'homme qui tournait le dos, aux voisines de station quand les métros se croisent. N'hésitons plus, renouons l'échange et voyez dans l'être en face, l'ami des matinales, entre café et bureau, entre diner et soirée, prenons les sourires au vol, échangeons nous autre chose que nos visages crispés!

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