samedi 18 décembre 2010

Vacances

Les vacances, enfin...
Le premier matin des vacances, surtout...
Ouvrir les yeux et savoir qu'on peut les refermer. Je ne sais si mon corps, comme tant d'autres, a développé cette incroyable faculté de sentir les vacances jusqu'au plus profond de ses muscles mais ce matin, et ce matin seulement, il fut facile de me rendormir. Je ne dis pas bien sûr que mes nuits sans sommeil s'achèvent d'habitude sur des matins dynamiques, mais bien souvent des pensées éparses et culpabilisantes errodent tous mes espoirs de gagner -paisiblement- ces quelques minutes de repos supplémentaire.
Et ce matin, donc, rien. Le calme. Le calme derrière la porte aussi, sans doute.
Il est cinq heure, Paris, s'éveille, et tout me guide vers morphée. Je plonge.
Je suis du soir, il est certain et il me serait bien plus agréable d'avoir mes nuits entre deux heures et dix heures du matin. Quoiqu'à dire vrai, que seraient nos veillées prolongées, sans cette nuit ébène qui nous désunit du monde? Quel serait le plaisir de vivre la nuit si la nuit disparait? Le bonheur des couche-tard réside essentiellement dans ce qu'il leur semble précisément que c'est l'avancée du jour qui leur donne cette avance sur le reste du monde.
Veiller de toute ses forces et se laisser ennivrer par la fatigue qui lutte, qui veut si fort nous faire entendre raison, et s'étourdir de cet état second, où l'on ne sent plus les pieds, plus le dos, moins le coeur...
Eteindre la lumière, et alors quoi? abandonner ce reste de nuit qu'on nous laisse; cette solitude aimée qui s'effiloche..abandonner cette liberté nocturne où seul, devant ses livres, devant l'ouverture perfide au monde que nous est Internet, la musique étourdie qui raisonne aux oreilles, on peut enfin laisser libre cours à ses pensées..faire les rêves les plus fous, se croire invincible et le prétendre, finir in extremis ces tâches qui en plein jour nous semblent si ingrates.
Il est évident, pour les gens de mon espèce que veiller c'est lutter; dormir, abandonner...
Le matin en revanche, histoire sans équivoque, le plaisir est permis. Prolonger cette nuit qui fut, souvent, si courte, n'est que juste rétribution de nos efforts passés. Le jour vient de poindre et il nous est offert, sachons bien l'accueillir, choisissons le bon pied, et pour cela, messire, laissez nous l'oreiller!
Que sont ces petites heures, où le soleil lui-même ne se montre qu'à demi, quand jusqu'après minuit, nous serons des guerriers. Repousser le départ, attendre la chevauchée, car une fois lancés, plus rien ne nous arrête. Point de pause déjeuner, peut-être une cigarette, le jour, tant retardé est si court, la nuit guette..et voilà qu'à nouveau il nous faut repousser le couché.
Les couche-tard, finalement, sont des gens empressés. Désoeuvrés par instants, un peu désordonnés.
Les vacances, pour ceux-là, sont de réels bienfaits. Car enfin le jour redevient agréable, et tous les matins du monde se parent de plus jolis atours. La nuit fut courte encore mais qu'importe, rien ne vaut aujourd'hui ce si joli soleil....

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