jeudi 16 décembre 2010

Paris, la nuit

Hier marquait mon retour à la ville. Ma première sortie après ces journées d'hibernation, celle où on se fait belle parce qu'à nouveau, on se croit appartenir au monde. Fardée et emmitouflée je suis donc allée me promener dans les rues de Paris, et assister à quelques cours aussi :)
Quatre heures de quotidien et puis le retour. Neuf heures vingt-cinq et déjà sous mes yeux la nuit et ses lumières. Sèvres Babylone sans ses voitures. Paris m'accueille et fait place nette. Je me suis retrouvée seule dans la rue, en cette veille de Noël. Pas un chat à l'horizon, pas un touriste en mode Vuitton. Seul le silence et quelques phares. J'aurais aimé retrouver cette effervescence des grands soirs, quand les couples sortent et les jeunes vagabondent. Je voulais du bruit, du grand spectacle, et même j'aurais dit oui, à quelques japonais...
Il n'en fut rien et les restes de fièvre m'empêchaient d'aller chercher plus loin, cette foule qui désertait. J'avance et je me presse. Le métro déjà m'appelle. Je pense à cette soirée qui déjà est fanée quand, au bas des escaliers, je vois soudain apparaitre une figure étonnante.
Ombre noire toute penchée, sur le plan de Paris, qui cherche son chemin entre Auber et Montsouris. Une toque sombre, toute droite, qui prolonge le manteau. De ces manteaux sans fin, sans longueur, qui semblent partis de rien, des entrailles du sol et s'envolent autour des cous, et nous cachent aux indiscrets. De ces manteaux si souples, qu'on ne sait si l'on marche ou si l'on vole. Je devine, sous les plis, la robe également noire, qui cache les chevilles. Et la barbe. bien sûr.
Je descend sur le quai, la figure m'y retrouve, sage d'Orient, des pourtours du Bosphore, et je crois une seconde, qu'il va bientôt danser. La démarche est agile, malgré l'âge avancé, et au bout du bras, une valise carrée, de cuir brut, piqué et repiqué, dont on imagine, qu'elle fit quatre tours du monde...

1 commentaire:

  1. Petit homme des montagnes26 décembre 2010 à 14:58

    Paris est une ville merveilleuse.
    Ce passage rend bien compte de certaines rencontres ou instants que l'on peut y vivre, si on est de ces promeneurs rêveurs qui cherchent à des heures incongrues le mystère des pierres de taille qui font la beauté de ses monuments...

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