samedi 4 décembre 2010

Nouvelle lecture: Clair de femme de Romain Gary

J'ai tout d'abord pensé que c'était mal écrit. Et puis j'ai eu l'audace de penser que ce que j'écrivais ressemblait au trait de plume de Romain Gary. Ensuite est venu la première boule au ventre, et l'émotion. Michel Folain c'est moi. Moi, jeune et déjà endeuillée de ces nombreuses histoires. Comment comprendre le deuil d'une histoire de dizaines d'années? Impossible. La perte d'un enfant? Impossible. Romain Gary nous plonge dans les quelques secondes de désespoir de ces êtres perdus, qui èrent au monde et donne à l'étranger tout ce que le désespoir a d'empathie et de compassion. Aimer pour ne plus se voir, ne plus se penser.  Michel le dit "J'avais trop aimé pour être encore capable de vivre de moi-même"

Certaines personnes sont des êtres aimants. Je suis peut-être de ceux là et c'est pourquoi je me retrouve tant dans ces histoires d'abandon, la destruction de l'amour ronge les corps qu'elle ne consume pas. J'ai découvert l'amour dans les livres et le romantisme m'a pris mon innocence à moins de dix ans. Mais le romantisme sombre, des amants torturés, des poètes déchirés, des jeunes filles perturbées. Romain Gary nous plonge dans ce monde déconstruit des gens sans futurs. Il nous perds parmi les décloisonnements des rapports sociaux et l'absurdité des "comme il faut". Comment trouver le juste milieu entre l'imaginaire amoureux et la perte des rapports sociaux. Comment trouver l'idée d'une parole, bouche ouverte, lorsque l'on reste quoi derrière nos murs de verres, les à pomme croquée ou les autres...
Ouvrez vos livres, prenez ces mots, comprenez les et aller voir l'ami derrière la fenêtre, dites lui que les "nous" sont possibles...

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