mercredi 22 décembre 2010

grand prêtre et gourous...Bernard Maris

Mon père me glisse, il y a cinq jours, un petit livre sur le coin du bureau. Il se penche et me glisse: "très bien, tu devrais lire"...
Lettre ouverte aux gourous de l'économie qui nous prennent pour des imbéciles, Bernard Maris
J'oublie, je poursuis mes activités, mais quand vient le soir et que je dois me replonger dans Steinbeck, l'Est d'Eden me semble bien trop lointain et je décide alors d'ouvrir ce que je devinne être un petit pamphlet assez acide.
Je ne fut pas déçue. Bernard Maris prends très à coeur sa tâche de pourfendeur de l'économie, des Economies.
Je me suis d'abord prise une bonne leçon de n'importe quoi sur le non-bien-fondé de mes études en économie, sur l'assurance que bien évidemment, avec une probabilité bien plus grande que la plupart de mes professeurs, je ne comprenais rien au jargon que l'on m'indiquait. L'offre, la demande, la confiance...
En anglais comme en français, j'avoue avoir eu le coin des lèvres rieur lorsqu'au bout de trois chapitres, enfin, quelqu'un me dit que oui lui aussi a appris que la baisse du taux d'intérêt augmentait l'investissement mais que oui aussi la baisse du taux d'intérêt diminuait l'investissement.
Lumière enfin sur mes difficultés à comprendre IS-LM et le choix de mes graphiques!
Dénigrons les économistes affirme Bernard Maris et franchement, la tâche est aisée dans le contexte actuel et les exemples présentés sont bien connus, surtout des étudiants en économie.
Ils ne connaissent rien mais se targuent d'en faire des théorèmes.
Les hypothèses s'accumulent en préavis de non-résultat, certes les économistes n'ont qu'une obligation de moyens mais tout de même...Keynes seul en réchappe un peu, Walras aussi.
Retour enfin aux grands et pourtant demeure quelques vérités..il m'apparait très clairement, soudain, que oui Bernard Maris a raison! Si l'économie se cantonne à son triangle magique offre, demande, confiance...quel peut être l'unique enjeu qui ressortira de n'importe quelle théorie: plus de consommation.
Fais-je une interprétation décroissante des propos de l'auteur, peut-être et pour tant il m'est clair que dans une équation où l'équilibre est atteint quand l'offre égale la demande et que les postulats sont que le bien être des consommateurs est une toujours plus grande consommation (pour atteindre cette courbe d'utilité qui s'envole) et que les profits des producteurs tendent à augmenter lorsque la production augmente, cette ascension en ping-pong mène inéluctablement à toujours plus de production et toujours plus de consommation.
Finalement, serait-il envisageable d'imaginer une théorie économique où la confiance n'interviendrait plus entre consommateurs et producteurs mais entre consommateurs eux-mêmes et où cette confiance -considérée comme un bien ou juste comme un facteur de satisfaction- permettrait de nouveaux échanges...
Mais entendons-nous, de vrais échanges, de biens existants, détenus par chacun des deux consommateurs impliqués, et non des achats réciproques où l'existence d'une monnaie d'échange demeure.
Certaines initiatives se sont développées, que sont les SELs (Systèmes d'Echanges Locaux), qui rassemblent une communauté de personnes vivant dans un périmètre réduit et s'adonnant à un système d'échange de services et de biens, de temps, dans une renaissance du troc originale.
Je trouve personnellement ces initiatives très intéressantes dans l'idée mais entendons-nous, il m'est encore difficile de concevoir ces bourgeons de confiance comme destinés à réellement produire des fleurs...
Toujours est-il qu'enfin, Bernard Maris réussit le pari de produire de la réflexion chez son lecteur, par un pamphlet très nourri -qui révèle une étude poussée de l'économie sinon un vernis très bien posé- et nous pousse finalement à nous tourner vers l'économie, l'Economie véritable...à nous de jouer!

pour un autre avis -plus expert: http://econo.free.fr/index.php?option=com_content&task=view&id=18&Itemid=2&codenote=66

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