jeudi 9 décembre 2010

crire, écrire, sourire

Le soleil s'enivre ce matin de ses propres reflets. Il luit sur Paris et tel un jeune Narcisse, mire son image dans les perles de neiges qui refluent des trottoirs.
Il est 9h, Paris s'émerveille et je me faufile parmi les rames de métro, double mouvement vers mon premier rendez-vous de la journée. Je suis en retard mais le soleil ne m'en tient pas rigueur. Il me sourit et m'attends à la sortie Rue du Bac.
Mon rendez-vous est là, je lui prends le bras et nous nous dirigeons vers le Musée des Lettres et des Manuscrits pour voir l'expo Romain Gary.
Point de détails sur l'expo, il est très facile au lecteur d'aller y faire un tour ou de plonger dans ses romans. Petit mémo tout de même, sur une video d'archive d'un interview de Roman Kacew, regard vibrant et mots sucrés...l'homme s'y épanche et avoue tout, l'homme, l'écrivain et le mépris de l'un pour l'autre. Je ne sais pas encore ce qui provoque chez l'écrivain ce mépris du charnel et cette admiration de l'être fictif créé par l'écriture.
Sans doute parce que l'écriture est un souhait de dépassement de soi, de non contentement. l'écrivain, éternel insatisfait de ses propres imperfections, amoureux désoeuvré qui invente sur papier l'être qu'il ne peut être. Il est bien plus simple de se battre sur sa machine et l'on peut ainsi faire cohabiter son désir d'action, voir d'avenir, et cette paresse mélancolique des rêveurs invétérés.
Je me plonge dans les paroles de Romain, puis ses écrits, et je me laisse bercer par sa plume et le fil des lettres de manuscrits que je n'arrive pas à déchiffrer. La puissance de l'écriture n'est-elle pas finalement dans cette hâte de l'écrivain, dans cette course contre sa main, contre un destin? Ecrire pendant des heures des pensées qui pour certains, nous hantent au cour des nuits et nous informent, en quelques secondes, d'un monde fantasmatique qu'il nous faut laborieusement remettre sur le plancher, pour le faire partager.
Que seraient nos bibliothèques si les écrivains pouvaient nous transmettre leurs pensées sans cette corvée de l'écriture? Quels exploits, quels génies aurions nous pu entrevoir et comprendre? Quelles horreurs également, nous furent ainsi épargnées...

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