vendredi 24 décembre 2010

cadeaux et librairies

La FNAC la FNAC la FNAC...et l'enfer des nuées, et la roue des idées, et l'outrage aux lettrés!
Passez sottement les portes de ce temple après le vingt décembre et plongez soudain dans l'affolement  fiévreux des gens qui n'ont pas d'idée.
Pensez-vous, rien à faire, livre à jamais le cadeau par défaut. Bien sûr des exceptions, quelques chefs d'oeuvre épars qu'on offre avec intention et puis consolez-vous, vous êtes le maigre lot des "intellectuels"...
Aux autres laissons CD, DVD, Blue ray et autres mentions non inutiles mais toutes aussi rayées.
Enfin voilà la tragédie des jeux, de pistes et d'échec, que mènent, joues contre joues, vendeurs et clients. Passez par les étages, glissez par les rayons, passez allègrement des pamphlets aux fictions et sentez au fond de vous l'ultime hésitation.
Pourquoi la grande masse s'évertue dans cette quête de l'oeuvre pour autrui? Rien n'est plus difficile de choisir un cadeau juste, tout juste peut-être aux parents proches, pour peu qu'ils expriment quelques penchants distinctifs.. Et encore, si vous aussi, vous aimez la lecture, voilà le dilemme nouveau qui s'insinue, moi-même voudrais-je ouvrir l'objet? Dans quelques mois, la déscence étant gardée, pourrais-je m'approprier le livre?
Noël n'a pas le monopole de l'égoisme retord, on ne fait finalement jamais de cadeau qu'à soi-même..Guidés par nos désirs, par nos envies, le prisme est biaisé, quelle frénésie.
On hésite, deux livres à la main gauche, Ormesson ou Rocard, on change tout, va pour l'Art!
Chacun pourtant à ses marottes et ses préjugés, d'Atttali à Beigbeder, chacun a ses vade retro satanés, tout cela suivant bien sûr la conception qu'on a de l'utilité d'un livre.
La lecture est pour moi l'objet premier, faisant preuve en cela de peu d'originalité, et j'avoue ma rétiscence à tourner mes regards sur ces grands livres de couleur et de lettres, grandes comme un in folio, qui nous montrent en 200 pages, la collection vintage de mouchoirs brodés d'une illustre illuminée. Il me faut, dans un livre, des mots des mots des mots, et pour rendre la tâche tout juste assez hardue, il faut écrire petit et rond, mettre entre ses lignes pleins d'idées -car parfois certes, elles sont peu évidentes, faute au second degré-.
Mais à bien y penser, quel snobisme, un être un peu rêveur, critique, observateur, trouvera dans l'image, bien plus de bon sens et de sensibilité qu'un rustre liseur pour qui les mots seront au choix compote ou purée.
Le livre ne fait pas l'homme, c'est l'homme qui fait le livre, deux hommes plus précisément, auteur et lecteur, dans un même mouvement, pour un même objectif: la construction de sens...

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